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Vos commentaires sur la crise financière

Youthink! a recueilli vos commentaires sur la crise financière.
Pour en savoir plus sur la crise financière

Karl Elvis, 23 ans, Gabon

Bonjour Youthink!

Les impacts de ce fléau sont énormes. En effet, mes proches n’ont plus d’emplois. Le comble c’est qu’il n’y a aucune alternative aussi bien en amont qu’en aval, les offres provenant des PME, des PMI et des institutions publiques ayant chuté de manière exponentielle.

Nos parents ne savent plus à quel saint se vouer. Pour subvenir à leurs besoins quotidiens les familles bourgeoises liquident leurs biens matériels. Les couches sociales défavorisées, quant à elles, se livrent de plus en plus à des activités illicites. Depuis près de 6 mois, certains habitants de Libreville sont dans l’incapacité de payer leurs factures et craignent à tout moment qu’on leur coupe l’eau et l’électricité. Dans les universités, les étudiants vont de moins en moins en cours et ne se donnent plus la peine d’effectuer des travaux de recherches ni pour leur TD ni pour leur besoin personnel. Bon nombre d’entre eux sont désormais convaincus qu’ils feraient mieux de revoir leurs ambitions à la baisse s’ils veulent avoir l’opportunité de s’en sortir.

De plus, l’opinion publique et médiatique n’exprime que des incertitudes et ne donne que des informations négatives et alarmantes. Dans la rue, on entend souvent « franchement, c’est pas facile ! » ou « là, c’est kinda ! ». Les chauffeurs de taxi, les clandomen et les routiers ne cessent de bougonner et vont même jusqu’à fixer des tarifs et limiter la distance des trajets sous prétexte qu’ils n’ont pas d’argent et que le prix du carburant est élevé. Pour se faire de l’argent certains de mes amis donnent des cours de soutien scolaire aux élèves en difficulté des lycées et collèges, alors que d’autres font du marketing relationnel pour certaines compagnies. Quant à moi, pour faire des économies, je fais comme mes amis, sauf que j’utilise ces deux méthodes ! Ainsi chaque nuit, je m’assure de faire des « rêves en couleur ». Toutefois le pessimisme gagne du terrain et se fera de plus en plus sentir à moins que les économistes ne remettent en cause leurs lois et le système économique actuel pour trouver des solutions qui correspondent concrètement à la réalité et aux besoins quotidiens de la population. Du côté des professeurs : la plupart « spéculent », les autres préfèrent laisser la parole aux dirigeants.

Olivier, 21 ans, Bénin

La crise économique, telle qu’elle est représentée par les médias, touche davantage les grandes puissances que les pays en voie de développement. Mais force est de constater qu'elle a des impacts négatifs sur les populations d'Afrique. En effet, de plus en plus d’africains, tout particulièrement ceux des zones rurales, vivent sous le seuil de pauvreté faute de ne pouvoir accéder à des prêts bancaires suffisants. Il leur est donc difficile de mener des activités rémunératrices et d’avoir des revenus décents. D'autre part, ceux qui mettent tout en œuvre pour s’en sortir se retrouvent bien souvent confrontés à des problèmes de transport et de mévente de leurs produits dus à l’augmentation des prix. Il faudrait penser à résoudre ce problème en venant en aide à ces populations si l’on veut freiner la crise économique.

Cécile, 43 ans

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre sujet de discussion sur la thématique de la crise économique. Bien entendu toutes les questions que vous soulevez (augmentation du coût de la vie, morosité, pessimisme, ...) sont avérés, personne ne contredira ces faits. Maintenant et pour tenter d'apporter une contribution "positive", j'aurais tendance à penser (espérer ?) que cette crise économique et financière mondiale peut peut-être placer la solidarité internationale au cœur du problème pour qu’elle devienne un élément incontournable et précurseur d'un élan international. Ainsi nous devons prendre conscience, individuellement et collectivement, de ce que nous pouvons faire pour aider notre prochain car si cette crise affecte notre quotidien, elle a aussi des conséquences catastrophiques pour des gens dont la situation est déjà précaire. Il ne faut pas non plus « baisser les bras » même si la situation est difficile. Par exemple, les dons du Sidaction en progression cette année malgré la crise. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication, notamment Internet, permettent à chacun d'être acteur de la solidarité internationale. L'émergence d'initiatives et de sites de micro crédits montrent qu'il y a des solutions et que des hommes croient en ce genre de services.

Shifa Tauqir, 15 ans, Canada

Bonjour,
Je trouve que la récession actuelle est un sujet particulièrement intéressant car elle touche tout le monde. La crise affecte terriblement la vie de certains et touche à peine les autres. Mon cousin vient de perdre son emploi ; la banque pour laquelle il travaillait a transféré son département en Inde où la main d’œuvre est moins chère. Le service de ma mère va également bientôt fermer ses portes. Tous deux sont à la recherche d’un nouvel emploi mais ce n’est pas facile et ce pour différentes raisons. Il est difficile, de nos jours, de trouver un travail qui réponde aux qualifications de chacun. On ne peut pas dire, cependant, que la récession ait vraiment affecté ma vie. La loi canadienne met tout en œuvre pour subvenir aux besoins élémentaires de chacun à tout moment. Par chance dans nos deux familles (la mienne et celle de mon cousin) il y a quelqu’un qui travaille, ce qui nous rassure car nous nous sentons en sécurité. Je suis sûre que ce n’est pas le cas pour tout le monde. J’ai contacté ma famille au Pakistan et ils ne m’ont parlé que de la hausse des prix. Il est difficile pour quelqu’un de pauvre d’acheter de la nourriture même pour un repas ! Les gens qui ont du travail ont également du mal à nourrir leur famille car les prix montent mais pas les salaires. Sans parler de ceux qui perdent leur emploi : alors qu’ils vivaient dans de bonnes conditions ils ont maintenant moins d’argent et commencent à ressentir doucement les effets de la pauvreté. Nombreux sont les membres de ma famille qui s’inquiètent pour leur avenir car ils n’ont pas de travail. Les problèmes de l’emploi et de la hausse des prix sont probablement responsables de l’augmentation du nombre de personnes pauvres. Au final, les innocents doivent payer pour la colère des autres. Ça me fait mal de voir les gens souffrir comme ça. À mon avis cette crise aurait pu être évitée si les décideurs politiques avaient fait de meilleurs choix. Les guerres entre les nations sont un prétexte au déploiement d’armes qu’ils utilisent à la moindre occasion, il semble en effet plus facile de tuer que de négocier. Chaque dollar correspondant à quelque chose de valeur égale, on peut dire qu’en utilisant ces armes les leaders mondiaux gaspillent de l’argent qui part en fumée lors de chaque assaut donné. À cause d’eux nous connaissons la plus grande crise économique depuis la Grande Dépression des années 30 provoquée par la Première Guerre mondiale alors que la production et l’utilisation d’armes étaient à son apogée. On peut en déduire que les guerres sont une des causes possibles de la récession actuelle. Espérons qu’à l’avenir les leaders politiques prendront de meilleures décisions, leurs actes ayant déjà affecté le monde entier. Mon professeur nous a dit que cette crise était une « fausse » crise et que la fin de la récession avait déjà été annoncée pour le mois de juin 2009. Je ne suis pas d’accord avec lui car la Grande Dépression a duré 10 ans. Comment cette crise pourrait-elle prendre fin en 2 ans ? Il ne nous reste plus qu’à espérer et à prier pour que quelqu’un nous guide vers un avenir meilleur.

Jamiu Adeniyi Adebisi, Niger

Vous êtes déjà peut être venu au Niger… La crise financière affecte seulement les riches. La situation des pauvres ne s’améliore pas, ils sont déjà habitués au pire.

Aram Barra, 23 ans, Mexique

Je suis entièrement d’accord avec Jamiu. La crise est nouvelle uniquement pour les classes sociales élevées. “Ceux d’en bas” ont toujours connu cette situation et, avec ou sans crise financière, ils vivent dans la misère.

Tônety Santana, 25 ans, Brésil

Dans mon pays, nous ressentons sans aucun doute les effets de la crise mondiale, quoique à un degré moindre par rapport à d’autres pays d’Amérique latine. Tout le monde ici parle de la crise : la presse, les journalistes et naturellement les gens, qui ne comprennent toujours pas de quoi il s’agit. Ici, au Brésil, notre président a pris une mesure claire pour réduire le prix de certains produits industriels, comme la Taxe sur les produits industrialisés [Impuesto sobre Productos Industrializados – IPI] pour les véhicules motorisés et les motos, afin que la population puisse continuer à acheter ces biens. J’entends souvent dire, au Brésil, que nous ne devons pas cesser de consommer. Tel est, en substance, le message : CONSOMMEZ, CONSOMMEZ, CONSOMMEZ !

Yéri, 29 ans

Mon message est très simple. Je pense que la gangrène qui mine aujourd'hui notre monde est la cupidité humaine. Tout est question d'argent et d'accumulation de richesses hélas parfois inutiles. Le fossé se creuse de plus en plus entre les peuples et les gouvernements. L'appât du gain conduit de plus en plus à n'accorder aucune valeur à l'humain et l'avenir de notre planète s'assombrit de plus en plus. Investir là où c'est vraiment nécessaire permettrait de réduire l'injustice sociale mondiale.

Jonas Koumba, Président de l’ONG AGROFED, Gabon

La crise financière qui touche la communauté mondiale entraîne une instabilité internationale. Pour résoudre ce problème d’instabilité, je propose de tenir une réunion de tous les états membres, afin de débattre des problèmes engendrés par la crise et afin de trouver de nouvelles stratégies sur la mondialisation.

Olama Mbarga Cyprien Joel, 27 ans, Cameroun

Face à la crise financière actuelle, ne faudrait-il pas songer à mettre en place un réseau économique africain destiné à créer des emplois chez les jeunes en Afrique ?

Wilfrid, 28 ans, Haïti

Je pense que la crise actuelle peut être résolue si tous les acteurs concernés y mettent de la bonne volonté. Selon moi la crise trouve son origine dans le mode de politique appliqué par les « grands » pays à l'égard des « petits » et concerne surtout la libéralisation du commerce. Il existe en effet un rapport de force entre les nations, lequel est profitable aux grandes puissances compte tenu de la faiblesse des petits pays en matière de compétitivité. On ne respecte pas les principes d’échange, à savoir : recevoir ce qu’on nous donne et donner ce qu’on a, au lieu de quoi, motivés par l’appât du gain, on assoit nos richesses sur la pauvreté des plus faibles
Prenons l’exemple de mon pays Haïti. Autrefois, la production de riz était suffisante pour l’approvisionnement national. Lorsque les frontières ont été ouvertes pour libéraliser le commerce nous avons été victimes d'un dumping économique qui a fait chuter la production nationale de riz et d’autres produits de base. Dès lors nous sommes devenus dépendants des importations alimentaires. C’est ce qui s'est passé pour bon nombre de pays. Cette période s’est caractérisée par le fleurissement du commerce extérieur des grandes puissances alors que les pays pauvres voyaient leur commerce extérieur devenir déficitaire.

Si l’on veut vraiment résoudre la crise, il faut d'abord prendre conscience de ses origines et intervenir là où c’est nécessaire. Ce n'est pas en donnant quelques milliers de tonnes de riz aux personnes dans le besoin qu'on arrivera à mettre fin à cette crise. Une fois qu’ils auront tout mangé, les gens auront de nouveau faim. Il faut, au contraire, les aider à reconquérir leur souveraineté alimentaire. Il faut consacrer plus d'attention et de ressources à la cause alimentaire. Il faut également repenser le libéralisme économique et mettre en place une nouvelle donne politique et économique mondiale qui prendra en compte l'esprit d'entraide et non l'appât du gain.

Reynaldo, 32 ans, Mexique

Au Mexique, la crise a actuellement un énorme impact sur le secteur touristique. J’ai une cousine à Playa del Carmen qui se trouve en difficulté car le salaire de son mari a été réduit de 50 %, alors qu’elle était en train de se lancer dans le commerce de gelées de fruits. Mais ses ventes sont paralysées et elle doit de l’argent à ses fournisseurs.

Frasima, 35 ans, Chili

Personnellement, j’ai l’impression que ce phénomène économique mondial a affecté tout un chacun. Dans mon cas précis, j’observe qu’il est devenu très difficile de trouver un nouvel emploi, principalement à cause des événements actuels. Au Chili, le taux de chômage a nettement augmenté, en particulier parmi les jeunes qui se lancent pour la première fois sur le marché du travail. J’ai remarqué que les pertes d’emploi ont été minimales, largement inférieures à celles relevées dans d’autres parties du monde. J’ai également noté que les banques hésitaient plus qu’avant à accorder des financements. Alors qu’il y a un an, celles-ci n’étaient pas particulièrement réticentes à prêter de l’argent aux jeunes, la situation est très différente aujourd’hui. En effet, en raison de la frilosité des banques, il est devenu plus ardu d’obtenir un prêt – surtout pour nous, les jeunes – malgré les taux d’intérêt extrêmement bas observés, à l’heure actuelle, dans mon pays.

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