Les adolescentes au cœur du Forum économique mondial 2009
"Investir dans les femmes, c’est faire de l’économie intelligente. Investir dans les jeunes filles, plus en amont, c’est faire de l’économie encore plus intelligente. Si vous investissez dans les filles, si vous éduquez les filles, si vous donnez aux filles un emploi, vous résoudrez beaucoup de problèmes ».
— Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice générale de la Banque mondiale.
« [Les filles] représentent la part de la population mondiale qui pourrait avoir le plus d’impact si elles étaient encouragées par des opportunités économiques ».
— Mike Parker, Nike, Inc.
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Traduction d’un texte d’Alexandra
Brunais
2 mars 2009 — Cette année et pour la première fois depuis 39 ans, le Forum économique mondial (a) met l’accent sur la situation des adolescentes dans le monde. Alors que nous traversons la plus importante crise financière mondiale connue depuis des décennies, est-ce vraiment le meilleur moment pour les leaders mondiaux de porter leur intérêt sur le devenir des adolescentes ? Oui, définitivement.
Des études ont démontré qu’investir dans l’éducation des adolescentes aide à réduire considérablement la pauvreté. Le fait que 500 millions d’adolescentes et de jeunes femmes issues des pays en voie de développement ne reçoivent pas les mêmes chances de réussite que les jeunes hommes représente non seulement pour elles un manque à gagner, mais aussi une perte pour leur pays et les générations à venir.
Parmi les populations pauvres, les jeunes filles sont les dernières à pouvoir bénéficier d’un enseignement favorable et les premières assignées aux tâches ménagères. Et lorsqu’elles ont la chance d’être scolarisées, elles doivent bien souvent quitter l’école très jeune pour se marier et avoir des enfants, ce qui élimine toutes leurs chances de gagner un salaire et de contribuer au développement économique. L'ONG BRAC (Bangladesh Rural Advencement Committee) estime que, dans certaines régions du Bangladesh, près de 90 % des filles se marient avant l'âge de 18 ans et que chaque année plus de 1 million de filles âgées de 10 à 18 ans ont un enfant. Selon le BRAC, cela entraîne une perte de revenus de 1 233 $ par an et par jeune fille. Soit presque trois fois le revenu national brut par habitant du Bangladesh.
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D'autre part, permettre à une fille d'étudier c’est lui donner la chance de trouver un emploi, de gagner un salaire et de devenir financièrement indépendante, ce qui améliore sa qualité de vie. Mais ce n’est pas tout. Des études montrent, en effet, que cette même jeune fille réinvestira probablement environ 90 % de ses gains dans le bien-être de sa famille, améliorant ainsi les conditions de vie de ses proches. De plus, elle se mariera et aura des enfants à un âge plus tardif où il lui sera alors plus facile d’apprendre à les garder en bonne santé et à les éduquer. Ceci contribue, bien évidement, au ralentissement de la croissance de la population et se répercute sur notre environnement, de la santé au changement climatique en passant par l’économie. Ainsi, investir dans l’éducation des filles peut être un moyen crucial de briser le cycle de la pauvreté de génération en génération.
On comprend mieux pourquoi les leaders mondiaux ont jugé nécessaire de faire une place aux filles dans leur agenda, et pourquoi la session plénière « The Girl Effect on Development » (l’effet des filles sur le développement) a été le quatrième événement le plus suivi des réunions annuelles du WEF 2009. Alors que la session touchait à sa fin, la Directrice générale de la Banque mondiale Ngozi Okonjo-Iweala a pris la parole : « Levez la main si maintenant vous comprenez pourquoi il est important de soutenir les jeunes femmes et de croire en elles. » Dans la salle, tout le monde a levé la main – signe d’espoir pour toutes les filles mais aussi pour un monde sinistré par la crise.
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