Quelles sont les répercussions de la crise financière mondiale sur les pays en développement ?
Novembre 2008—On a beaucoup parlé de la crise financière mondiale ces derniers temps. D’où vient cette crise et quelles seront ses conséquences sur le combat contre la pauvreté ?
A l’heure actuelle, la situation n’est guère réjouissante. Selon un document de la Banque mondiale (a), aucun des pays industrialisés ou en développement n’a échappé aux effets de la crise. Celle-ci ne cesse en effet de se propager, avec des conséquences particulièrement graves pour les populations pauvres. De nombreux pays en développement entrent dans une zone dangereuse, caractérisée par un ensemble de facteurs :
- Baisse de la croissance du PIB. La croissance économique décline déjà dans les pays en développement, et l’on s’attend à ce que cette évolution s’accentue. Les exportations vers les pays développés diminuent, les marchés émergents sont confrontés à des retraits de capitaux et l’investissement étranger se tarit ; on prévoit également un recul du commerce mondial en 2009. Tous ces éléments risquent d’amener les gouvernements à réduire leurs investissements dans l’éducation, la santé et d’autres services sociaux essentiels.
- Déclin des envois de fonds de l’étranger.
Les envois de fonds (les flux d’argent que les travailleurs émigrés
envoient à leur pays d’origine) ont commencé à
diminuer durant la deuxième moitié de 2008 et devraient
chuter en 2009. Cette baisse est lourde de conséquences, car
les envois de fonds constituent un mécanisme efficace de lutte
contre la pauvreté. Au Nicaragua, par exemple, ils réduisent
de 4 points de pourcentage l’incidence de la pauvreté,
et en Albanie, cette dernière est inférieure de moitié
au taux national dans les foyers dont certains membres ont émigré
en Italie et en Grèce.
Le ralentissement de l’économie mondiale pourrait aussi entraîner une hausse du chômage dans les pays développés, en particulier dans les secteurs qui emploient une forte proportion de travailleurs immigrés (par exemple, la construction, le commerce de détail et la restauration). Ce phénomène, associé à la baisse des revenus pétroliers dans les pays du Golfe, s’accompagnera d’une baisse globale des salaires pour la main d’œuvre immigrée. - Augmentation du nombre d’individus vivant dans une extrême pauvreté. Selon les estimations de la Banque mondiale, les prix relativement élevés des aliments et des carburants vont faire basculer 100 millions de personnes supplémentaires dans une extrême pauvreté et augmenter de 44 millions le nombre de personnes souffrant de malnutrition. La crise financière mondiale, survenant juste après la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, risque d’entraver davantage encore le combat contre la pauvreté.
Ce ne sont là que quelques-unes des causes et des conséquences
de la crise financière. La bonne nouvelle, c’est que les
dirigeants mondiaux commencent à coopérer afin de trouver
des solutions.
Quelles sont les mesures prises ?
Le 15 novembre 2008, les chefs d’États et les ministres des Finances se sont réunis à Washington pour discuter des solutions possibles face à la crise. Ils ont adopté des mesures à court et moyen terme dans les domaines suivants: régulation, gestion des risques, promotion de l’intégrité, renforcement de la coopération internationale et réforme des institutions financières internationales. « Nous sommes déterminés à renforcer notre coopération et à travailler ensemble pour rétablir la croissance mondiale et mettre en œuvre les réformes nécessaires au bon fonctionnement des systèmes financiers internationaux » ont déclaré les dirigeants dans le communiqué publié à l’issue de ce sommet.
En quoi la crise financière mondiale affecte-t-elle les jeunes dans votre pays ? Quels changements observez-vous ? Qu’en disent les gens ? Faites-nous partager votre expérience et envoyez-nous vos photos.
Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, considère que cette réunion représente un pas en avant, mais a souligné que « les pays en développement les plus pauvres ne doivent pas être laissés pour compte ». Il a appelé à prendre prochainement des mesures décisives. « Si nous voulons éviter une crise humaine, a-t-il affirmé, nous devons faire plus. L’aide publique au développement, qui s’élève à 100 milliards de dollars par an, est une goutte d’eau dans l’océan par comparaison avec les milliers de milliards de dollars actuellement consacrés à des plans de sauvetage financier dans les pays développés. »
Qu'en pensez-vous ?
*Les adresses électroniques ne sont pas publiées et sont utilisées uniquement pour notre suivi.
