Chômage chez les jeunes en Afrique : un bilan accablant
C’est la triste histoire d’une jeune fille de 18 ans et demi. Elle habite un petit village d’Afrique et a quitté l’école. Elle va bientôt se marier. Sa famille l’a promise à un homme de presque deux fois son âge. Dans 20 ans, elle sera mère de six ou sept enfants.
Vous voyez le tableau : il était une fois une femme jeune et sans emploi, qui bientôt se maria à un homme pauvre de milieu rural. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… dans la pauvreté pour toujours.
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— C’est ainsi que la Banque mondiale, selon le rapport ADI, dresse le portrait type de la jeunesse africaine.
Les problèmes auxquels doivent faire face les jeunes Africains
18 décembre 2008 - Cette année, la Banque mondiale dans son rapport annuel concernant l’Afrique, s’est intéressée tout particulièrement aux jeunes chômeurs. Ce rapport met en avant les Indicateurs de développement en Afrique (ADI) 2008-2009 et s’intitule « Jeunesse et emploi en Afrique : le potentiel, le problème, la promesse ». Vaste programme ! En effet, l’expertise révèle que la création d’emplois destinés aux jeunes représente l’un des plus grands défis auquel le continent Africain doit faire face aujourd’hui. Les statistiques sont accablantes. Le rapport le prouve et suggère la mise en place de moyens concrets pour s’attaquer aux problèmes :
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Plus de 200 millions d’Africains sont aujourd’hui considérés officiellement comme des jeunes (c’est-à-dire qu’ils sont âgés de 15 à 24 ans). |
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Les jeunes représentent 40 % de la population africaine en âge de travailler, mais 60 % des chômeurs. |
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La part des jeunes chômeurs représente jusqu’à 83 % de l’ensemble de la population sans-emploi en Ouganda, 68 % au Zimbabwe et 56 % au Burkina Faso. |
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Au total 72 % des jeunes Africains vivent avec moins de deux dollars par jour. |
L’abandon scolaire et les maternités précoces représentent un problème majeur chez les jeunes Africains. Ces deux conditions réduisent, en effet, considérablement les chances d’améliorer les compétences professionnelles et de faire carrière. Un jeune sans formation aura beaucoup de mal à trouver sa place sur le marché du travail. Son avenir : un emploi mal payé et une famille à nourrir.
Mais ce n’est pas tout. Les discriminations raciales, ethniques,
religieuses, culturelles, de genre, et les problèmes de santé
ou familiaux ne font qu’empirer la situation.
Dans les zones rurales, les jeunes femmes sont particulièrement
touchées. Au niveau des compétences, connaissances et expériences
: elles sont à la traîne. Et il leur ait, de plus, difficile
d’accéder à l’épargne ou au crédit.
Même l’éducation, autrefois considérée
comme le moyen le plus sûr d’obtenir un emploi, n’apporte
désormais aucune garantie. Les chiffres le montrent, le chômage
ne cesse d’augmenter, touchant même les jeunes instruits et
les familles aisées. Les « chanceux », bénéficiant
d’un emploi, doivent bien souvent travailler d’arrache-pied,
le nombre d’heures hebdomadaires étant bien souvent très
élevé. Tout ça, bien sûr, sans aucune garantie
ni sécurité de l’emploi.
Un boulot temporaire dans des conditions précaires… Pas facile
d’envisager un avenir.
Le rapport met également en avant les conséquences de cette crise du travail chez les chômeurs. Sans emploi, les jeunes se tournent vers le crime organisé et les bandes armées. Tout spécialement dans les pays sortant d’un conflit, aider les jeunes à trouver un travail devrait être un enjeu essentiel du maintien de la paix. Et partout, l’emploi des jeunes devrait être la condition sine qua non à l’éradication de la pauvreté, au développement durable et à la consolidation de la paix.
Jeunesse Africaine – un potentiel à exploiter
Les jeunes ont le pouvoir de faire changer les choses. Il est essentiel que des mesures soient prises afin de favoriser l’emploi et le développement de formations professionnelles qui permettront aux jeunes d’acquérir les compétences adéquates, et ce, aussi bien en milieu urbain défavorisé que dans les zones rurales.
Le rapport est formel. L’agriculture est, sans surprise, l’un des secteurs les plus prometteurs pour l’emploi des jeunes. Il faut aider les jeunes agriculteurs. Il faut leur donner les moyens d’abandonner l’agriculture de subsistance tout en améliorant la productivité grâce au développement des technologies et des infrastructures.
Autre solution à apporter : encourager l’esprit d’entreprise qui apparaît aujourd’hui comme une ressource fondamentale pour les jeunes Africains. Aujourd’hui inexploité, ce domaine pourrait représenter une part importante du progrès. Une formation appropriée, l’accès au crédit et un environnement commercial plus ouvert, aideraient les jeunes Africains à se réaliser et à développer leur esprit d’initiative.
Globalement, le rapport indique que pour réduire le taux de chômage
des jeunes en Afrique de manière durable, plusieurs mesures devront
être prises, à savoir :
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Favoriser l’emploi en zone rurale, |
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Améliorer les investissements et les environnements macroéconomiques, |
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Encourager et supporter l’esprit d’entreprise, |
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Rendre plus accessible l’éducation et les formations, |
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Aborder les questions démographiques comme les maternités précoces, |
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Soutenir les jeunes face à la violence et aux conflits en cours, |
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Améliorer les conditions du marché du travail. |
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