De nouvelles lois pour lutter contre le SIDA !

On pense souvent à tort que les réformes légales n’ont rien à voir avec la lutte contre le VIH. Et pourtant, les recherches ont montré le contraire…

Selon une étude de la Banque mondiale, les inégalités entre hommes et femmes ont une influence sur la propagation du VIH.

« Parce qu’elles sont souvent défavorisées sur le plan économique, culturel ou social, les femmes des pays en développement sont plus atteintes que les hommes par le SIDA », explique Mme Elizabeth Lule, conseillère en Population et Santé de la reproduction à la Banque mondiale.

En cause : leur manque d’accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’emploi, aux ressources et aux prises de décision. Le peu d’informations et les préjugés culturels, encore fortement ancrés, condamnent la femme à une situation d’infériorité.

« Dans de nombreuses cultures, les femmes sont encore éduquées pour être soumises, en particulier sur le plan sexuel. Cela ne leur permet évidemment ni de refuser des pratiques sexuelles à risques, ni d’exiger le port du préservatif, et encore moins de résister à des abus sexuels, à la coercition ou à la violence », ajoute-t-elle.


Les femmes : juridiquement inférieures…

Certaines lois défavorisent les femmes :

  • Les droits de propriété: les femmes sont souvent exclues des droits de succession.
  • L’emploi: les lois ne prévoient que très peu d’indemnités pour les victimes du SIDA et leurs familles.
  • Le viol ou harcèlement sexuel: ces délits ne sont souvent pas bien définis par les lois. Une victime de viol peut même se voir accuser ou s’entendre dire que sa plainte est irrecevable dans le cas où l’auteur du délit est son mari.
  • Le mariage: certains systèmes législatifs ne reconnaissent pas aux femmes le droit de propriété dans le cadre du mariage, ni la répartition équitable des biens en cas de divorce.
  • Un mélange de coutumes juridiques: certains pays ne font pas de distinction entre leur héritage culturel et le droit moderne. L’homme et de la femme sont alors traités de manière très inégales, presque toujours au désavantage de cette dernière.

Du point de vue économique, l’inégalité des chances contribue également à augmenter les risques de contamination des femmes par le VIH.

Penses-y

Plus de droits pour les femmes en Ouganda…

Certains pays reforment leurs systèmes juridiques pour défendre les intérêts des femmes. En Ouganda, par exemple, des réformes ont permis d’accroître la participation des femmes à la vie de leur communauté et aux gouvernements locaux. Des changements en matière de succession leur ont permis d’accéder au droit de propriété. D’autres sont également prévus pour améliorer le statut juridique des femmes.

Parce qu’elles sont souvent peu qualifiées, les femmes accèdent difficilement à l’emploi. De plus, sans droit de propriété, elles restent totalement dépendantes des hommes.

Et lorsque l’homme meurt, la situation devient souvent encore plus grave : surtout dans les sociétés polygames d’Afrique, où elles ne peuvent pas hériter de la propriété de leur mari, beaucoup de veuves du SIDA se retrouvent sans ressources et sans toit.


Droit international

Au sein des Nations Unies, la plupart des États membres se sont engagés à respecter les droits de l’homme, ce qui implique évidemment de respecter les droits de la femme. A cet égard, la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) tente d’établir une égalité entre hommes et femmes au niveau juridique.

Dans certains pays, de telles lois sont malheureusement difficilement applicables spécialement lorsque le gouvernement est faible et les tribunaux débordés, mal équipés ou peu fonctionnels.

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Mieux connaître les lois…

Même dans les pays où les lois sont équitables, les femmes ignorent souvent leurs droits ou n’ont pas suffisamment d’argent pour introduire des plaintes devant les tribunaux.

Si les réformes juridiques sont compliquées et prennent beaucoup de temps à mettre en place, le véritable problème, c’est avant tout de changer les attitudes traditionnelles envers les femmes et leur place dans la société.

Les femmes sont souvent traitées autrement que les hommes par certains agents du monde judiciaire (les officiers de police, les magistrats, etc.). Il est donc nécessaire de les sensibiliser à la problématique du genre et de leur en faire comprendre l’impact sur la pandémie du VIH/SIDA.