Sara McKinley est une Junior Professional Associate (titre donné aux jeunes adjoints qualifiés), travaillant en Asie du Sud-est. Elle est chargée du développement humain et notamment des questions de VIH/SIDA et de santé reproductive chez les jeunes. Récemment, elle a effectué un voyage au Bhoutan et au Sri Lanka. Elle y a rencontré des jeunes et des fonctionnaires spécialisés dans les questions de la jeunesse. Ils ont pu échanger leurs points de vue sur le VIH/SIDA.
Le VIH : qu’en pensent les jeunes d’Asie du Sud ?
Au cours d’une rencontre de quatre heures, une vingtaine de jeunes du Sri Lanka ont échangé leurs points de vue sur le SIDA avec Sara McKinley. Ils ont discuté de la grande vulnérabilité des jeunes, des actions menées en ce moment en matière de lutte contre le SIDA et de ce qu’ils attendent de leur gouvernement.
« Les jeunes sont surtout préoccupés par la stigmatisation et la discrimination liée au SIDA. Selon eux, dans leur culture, le SIDA ne peut tout simplement pas exister au Sri Lanka. Le VIH n’y est donc pas perçu comme un problème », se rappelle Sara.
Entamer une discussion sur le SIDA peut être délicat. C’est pourquoi, elle a commencé par demander aux jeunes ce qu’ils savaient sur le sujet. « Cette question est très utile, à mon avis. Elle me permet de dissiper tous les mythes liés au sujet, au fur et à mesure qu’ils sont évoqués. Je peux aussi m’assurer que nous parlons tous de la même chose… La plupart du temps, notre session commence par des questions-réponses sur le VIH. Ensuite je leur demande d’expliquer, non leurs comportements spécifiques, mais ce que la jeunesse sait en général dans leur pays, ville et écoles. »
La plupart des jeunes présents n’avaient pas osé dire à leurs parents quel était le sujet de la rencontre. « Ils ne veulent pas parler du VIH ou de sexualité avec les adultes, encore moins avec les autorités ou les représentants de grandes institutions comme la Banque mondiale ! »
Le fait d’être jeune a permis à Sara de les mettre à l’aise. « Lorsqu’il y a un adulte dans la salle, la conversation est plus difficile… Ils ont surtout peur de parler à quelqu’un qui pourrait connaître leurs parents ou des amis de leurs parents ! »
La jeunesse est une population très hétérogène, avec des vues et des opinions différentes. « Les jeunes sont dispersés à travers le pays et différentes régions. Ils n’ont pas les mêmes niveaux d’instruction, d’éducation ni le même statut socioéconomique. »
Dans les zones rurales, les jeunes tenaient à participer à ces rencontres pour être sûrs que leur voix serait entendue. « Une jeune fille a fait plus de quatre heures de marche pour assister à une de nos réunions. Elle voulait être sûre que les jeunes ruraux y seraient représentés. »
« Je pense que parler du VIH/SIDA est difficile mais il faut que les gens le fassent. Se taire ne fera qu’envenimer les choses et renforcer la stigmatisation », explique Sara.
