La conférence internationale sur le SIDA de Toronto : un appel à l'action !

21 Août 2006. La 16ème Conférence internationale sur le SIDA était placée sous le thème « Passons à l’acte ! » Son objectif : pousser la communauté internationale à l’action. Mais concrètement, quels sont les résultats de cette conférence ?

Elle a tenté d’attirer l’attention sur la nécessité de se concentrer, à la fois, sur le traitement et la prévention. Vingt-cinq ans après la découverte du premier cas de VIH (virus d’immunodéficience humaine), la maladie continue de se propager (4,1 millions de nouvelles infections l’année passée). Et il n’existe, à l’heure actuelle, aucun vaccin disponible. Bien que les moyens de prévention soient connus depuis plusieurs années, les études soulignent que la plupart des personnes dans le besoin, n’ont toujours pas suffisamment conscience du problème et n’ont pas accès aux mesures préventives.

Un autre but important de la lutte contre le VIH est de donner aux travailleurs de la santé, les moyens d’aider leur propre communauté. La faiblesse des salaires, qui leur sont offerts dans les pays en développement, amènent souvent ceux qui sont qualifiés à s’exiler en Europe ou aux États-Unis où ils peuvent être mieux payés. Le pire, c’est que de nombreux travailleurs de santé meurent du SIDA, faute d’accès au traitement.

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« Savoir comment arrêter la transmission est important. Mais le plus important, c’est de partager cette connaissance avec les pays pauvres où règne la faim, en particulier dans les lieux de prostitution dont le rôle dans la propagation de l’épidémie du VIH/SIDA est de plus en plus important »
un visiteur syrien de 20 ans

« La pandémie du VIH/SIDA est en train de décimer la jeunesse du continent. Et, à moins que les politiciens n’arrêtent leur jeu politique pour résoudre cette question cruciale, toute une génération y passera. »
un Kenyan de 33 ans

«Éduquer c’est éclairer. Un programme devrait mettre la question plus en lumière pour lutter contre le fléau du VIH/SIDA »—
un jeune Nigérian de 19 ans

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Malgré l’existence de médicaments (a) capables d’empêcher la transmission mère-enfant du virus, des bébés séropositifs naissent chaque jour, surtout dans les pays en développement. Seul un nombre limité de femmes enceintes ont accès à ces médicaments pour protéger leur nouveau-né contre l’infection. Grâce à des études, nous savons que si une femme séropositive enceinte prend ce type de médicaments, accouche par césarienne et n’allaite pas son enfant au sein, elle ne lui transmettra pas le virus.

Le SIDA continuera à se propager si on ne donne pas aux femmes les moyens de lutter contre la maladie. Elles ont besoin, entre autres, d’avoir accès aux microbicides (un gel encore en développement) et de les utiliser pour se protéger avant tout rapport sexuel. Trop souvent, elles n’ont pas la possibilité de négocier des pratiques sexuelles sans risque. Dans certains pays, elles ne disposent pas du droit de propriété, encore moins de celui d’hériter de leurs époux. Cette situation les amène à recourir à d’autres moyens pour nourrir leurs enfants et parfois même à se prostituer, s’exposant du même coup au VIH.

Au cours de la conférence, les scientifiques ont présenté les résultats de leurs recherches en matière de traitement et de développement d’un vaccin. Ils essaient aussi d’améliorer les médicaments pour enfants. Les médicaments sont conçus pour les adultes et, dans bien des cas, les médecins ignorent quelles doses administrer aux petits. La plupart des enfants ignorent leur état de santé, alors que plus vite le VIH est diagnostiqué, plus vite il peut être traité.

Les organisations de jeunesse ont également été très actives pendant la conférence. Elles y avaient même ouvert un site officiel de la jeunesse. La chaîne de télévision MTV avait donné à 8 équipes composées chacune de 7 jeunes, 48 heures pour produire un court métrage sur le SIDA (a). Les films abordaient des questions telles que la nécessité du dépistage, les violences familiales, les papas gâteaux, les discussions avec les parents et les mythes. Le film primé (a) montrait les effets dévastateurs de la stigmatisation sur une jeune fille aperçue en train de sortir d’une clinique du SIDA.

Le Global Village (Village mondial) a abrité une série de discussions sur différents sujets, y compris les moyens de toucher les jeunes. Un concert abordait la question de l’âge auquel commencer à être sexuellement actif. Des jeunes engagés d’Ukraine et d’Éthiopie ont présenté ce qu’ils faisaient, à leur niveau, pour informer et aider les autres jeunes.

Colleen Patterson, parlant au nom des jeunes à la cérémonie de clôture (a), a déclaré que le Pavillon des jeunes avait été le stand le plus visité du Village et qu’un nombre record de jeunes avaient participé à la conférence (environ 10.000). Malgré cela, elle a insisté sur le fait qu’il faut plus de jeunes représentants des groupes marginalisés tels que les consommateurs de drogues injectables, les travailleurs du sexe, les populations autochtones et les transsexuels.

Pendant la cérémonie de clôture (a), l’accent a été mis sur l’urgence et la nécessité de financements à long terme, d’une plus grande responsabilisation, d’un meilleur leadership et d’une meilleure coordination. Il faudra encore, probablement, une décennie pour trouver un vaccin. En attendant, la prévention reste la stratégie prioritaire et le traitement antirétroviral doit être mis à la disposition des personnes vivant avec le VIH.

Le principal message de la conférence est que malgré les progrès accomplis au cours des 25 dernières années, aucune complaisance n’est permise. Il est temps de passer à l’action ! A ce jour, on dénombre quelque 40 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde.

(a) indique une page en anglais.