Après le conflit, la reconstruction
Comment reconstruire une société une fois terminés la guerre et les conflits ?
La clé du problème, c’est le retour des anciens combattants à la vie civile. C’est leur apporter les moyens de se réinsérer dans la société (par exemple grâce à un emploi et à une maison). C’est aussi leur donner une raison de vouloir faire partie de cette société.
La région centrafricaine des Grands lacs a été la cible de violences et de conflits pendant plus de dix ans.
La communauté internationale s’efforce actuellement de désarmer, démobiliser et réinsérer quelques 450.000 anciens combattants appartenant à 7 pays : l’Angola, le Burundi, la République centrale d’Afrique, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Rwanda et l’Ouganda.
Cet effort international s’appelle le Programme multi-pays de démobilisation et de réintégration (MDRP). Il ne s’agit pas d’une mission de maintien de la paix mais d’une initiative de développement socioéconomique.
Pour redevenir civil, un ancien combattant doit :
- Déposer les armes :: accepter de rendre celles qu’il détient encore
- Être démobilisé: ne plus faire partie des forces armées
- Se réinsérer: retourner à la vie civile et s’installer dans une communauté
- Se réintégrer: réussir sa transition vers la vie civile, entre autres, en trouvant un emploi et en faisant partie d’une communauté sociale
Dans certains cas, les anciens combattants doivent également être :
- Rapatriés: renvoyés dans leur pays d’origine s’ils se trouvent sur un sol étranger
- Réinstallés: transférés vers un pays tiers s’ils se trouvent sur un sol étranger mais ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays d’origine
Militaires de la République démocratique du Congo s’inscrivant pour le processus de démobilisation.
Redevenir un civil
Une fois décidés à s’engager dans ce processus, les anciens combattants doivent, en premier lieu, être démobilisés par les représentants du gouvernement.
Une première prise en charge leur apporte des vêtements, un logement temporaire, des soins médicaux de base, des conseils sur le VIH/SIDA et une éducation civique.
Ils reçoivent ensuite de l’argent pour leur voyage et leur réinstallation, un équipement ménager de base ou des outils agricoles.
À leur retour dans leur communauté, on leur fournit une formation ou une éducation de base et on leur propose des opportunités de gagner leur vie ou un emploi à court terme.
Il faut environ 1.200 dollars EU pour qu’un ancien combattant, homme ou femme, retourne à la vie civile, trouve un emploi et une place dans sa communauté.
Anciens combattants en route vers un centre de démobilisation
Exemples de réinsertions réussies
Voici comment certains anciens combattants ont été aidés.
En Angola, plus de 30.000 soldats de l’ex-UNITA, ayant passé en moyenne 14 années au combat, bénéficient d’une aide pour leur réinsertion. Dans la province de Huila, 50 d’entre eux ont réparé un canal d’irrigation. En retour, la communauté leur a donné des terrains à exploiter. Leurs travaux ont également amélioré la qualité de la terre pour 200 autres familles de cette même communauté.
Au Rwanda, des anciens combattants sont devenus fermiers, fonctionnaires et même créateurs de petites entreprises telles que des magasins du centre-ville de Kigali.
En République du Congo, les anciens combattants ont utilisé le soutien dont ils ont bénéficié pour créer des fermes avicoles, gérer des étangs à poissons ou des salons de coiffure pour hommes.
Pas à pas vers le succès
Même s’il existe des exemples de réinsertions réussies, aider les anciens combattants à redevenir des civils est difficile pour pas mal de raisons :
- Dans les pays qui sortent d’un conflit violent, les conditions politiques et sécuritaires restent fragiles.
- L’économie y est mal en point et manque souvent d’infrastructures (routes, etc.) et il est donc difficile d’aider les anciens combattants à y trouver un emploi.
- Les anciens combattants sont souvent analphabètes et ont donc besoin d’une formation de base. N’oublions pas que l’analphabétisme est l’un des fléaux de la région.
