Dette extérieure totale : Total de la dette due à des non-résidents et remboursable en devise étrangères, biens ou services. Elle somme la dette publique, la dette publiquement garantie et la dette privée à long terme non garantie, l’utilisation des crédits du FMI et la dette à court terme.
Dette à long terme : Dette dont l’échéance (initiale ou prolongée) est supérieure à une année. Elle a trois composantes : la dette publique, la dette garantie par le secteur public et la dette privée non garantie.
Dette publique et publiquement garantie : Dette comprenant les engagements extérieurs à long terme des débiteurs publics, incluant le gouvernement national et les structures politiques (ou des agences relevant de celles-ci) ainsi que les organes publics autonomes. Elle comprend également les engagements extérieurs des débiteurs privés dont le remboursement est garanti par une entité publique.
Dette extérieure privée non garantie : Ensemble des engagements extérieurs à long terme des débiteurs privés, dont le remboursement n’est pas garanti par un organe public.
Aide publique au développement : Subventions et prêts accordés aux pays en développement par des bailleurs de fonds (gouvernements des pays riches). Ces gouvernements donateurs se sont engagés, dans le cadre d’un accord des Nations Unies, à consacrer 0,7 % de leur produit national brut à l’aide au développement.
Alléger la dette de l’Afrique
Ces dernières années, des organisations non gouvernementales (ONG) du monde entier ont plaidé auprès de la communauté internationale pour l’annulation de l’intégralité de la dette que les pays pauvres ont envers leurs créanciers étrangers.
La dernière fois que cette demande a été émise, c’est au cours des rencontres de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international organisées en 2004.
Mais remontons d’abord à 1996. Cette année-là, la communauté internationale décide d’offrir un nouveau départ aux pays pauvres fortement endettés en effaçant une grande partie de leur dette. La Banque mondiale, le FMI et d’autres prêteurs internationaux se sont mis d’accord pour annuler plus des deux-tiers de la dette en souffrance des pays qui pouvaient faire partie de ce qu’on a appelé l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE).
En retour, ces pays ont promis de réexaminer leur budget et d’investir plus d’argent dans l’amélioration de la santé, de l’éducation et d’autres services sociaux.
Les grands bénéficiaires de l’allègement de la dette : les pays d’Afrique subsaharienne
Dès le printemps 2004, 24 pays d’Afrique subsaharienne ont commencé à bénéficier d’un allègement de leur dette : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, la République démocratique du Congo (RDC), l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, Madagascar, le Malawi, la Mauritanie, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Rwanda, la Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal, la Sierra Leone, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie.
Lorsque les gouvernements décident de participer, en échange de l’allègement de leur dette, ils promettent d’introduire une série de changements clés visant à encourager une croissance économique durable et à réduire la pauvreté. Ils s’engagent, entre autres, à mettre en place des politiques macro-économiques solides, à créer un système légal solide et à établir un système financier fiable et responsable. Des plans détaillés sont établis pour améliorer la qualité et l’accès aux services publics ainsi que la qualité de vie des pauvres.
Le moment où un pays prend cet engagement et est accepté dans le programme est appelé le « point de décision ». À partir de là, l’allègement de sa dette est accepté. Une fois achevées les réformes promises (« point d’achèvement »), l’allègement de la dette est effectif.
En tout, 38 pays participent au programme PPTE.
Le programme PPTE : comment a-t-il aidé les pays ?
La Tanzanie, par exemple, a bénéficié de 3 milliards de dollars EU d’allègement de sa dette. Elle a ainsi été capable d’augmenter ses dépenses dans le domaine de l’éducation et de supprimer les frais scolaires dans les écoles élémentaires. Le résultat ? Presque du jour au lendemain, environ 1,6 millions d’enfants sont retournés sur les bancs de l’école.
Le Mozambique a pu, lui, augmenter ses dépenses de santé de 13,9 millions de dollars EU. Un demi-million d’enfants sont aujourd’hui vacciné contre le tétanos, la coqueluche et la diphtérie. Le pourcentage d’enfants vaccinés au cours des deux dernières années atteint 80 %. 10 millions de dollars EU ont été dépensés pour alimenter en électricité les écoles rurales et les hôpitaux et pour réhabiliter les infrastructures à la suite des inondations dont le pays a souffert. 3,2 millions de dollars ont été investis pour augmenter le nombre de filles scolarisées et des quantités d’écoles primaires sont en construction.
Comment les pays ont-ils pu accumuler une telle dette ?
Traditionnellement, la plupart de ces pays exportaient des marchandises . Dans les années 1970 et 1980, le prix de celles-ci était élevé, ce qui avait permis à de nombreux pays d’emprunter de l’argent pour financer des projets nationaux. Ils pensaient que le prix élevé des marchandises et les recettes des exportations resteraient stables et leur permettraient de rembourser leur dette.
Mais le choc pétrolier et la récession économique mondiale de la fin des années 1970 et du début des années 1980 ont provoqué la chute du prix des marchandises. Et ces pays se sont retrouvés confrontés à d’insoutenables remboursements de leurs dettes.
Qu’est-ce que le gouvernement
et la corruption ont à voir avec l’allègement de la dette ?
Fiche sur la corruption
Quel est l’impact de la croissance sur l’allègement de la dette ?
Fiche sur le développement
Fiche sur le commerce
Pardon et croissance
« Un remboursement de dette insoutenable est un des symptômes d’un problème bien plus grave : la faiblesse de la croissance économique », constate Vikram Nehru, le représentant de la Banque mondiale responsable des efforts d’allégement de la dette. « Résoudre la crise liée à la dette dans ces pays ne suffit pas à mettre fin à la pauvreté », ajoute-t-il.
Pour y parvenir, cet effort doit s’inscrire dans une stratégie de développement plus complète. Celle-ci implique une bonne gouvernance (et l’élimination de la corruption), la mise en place d’institutions publiques solides et l’encouragement de la croissance.
Il existe aussi des raisons extérieures pour lesquelles un pays peut se retrouver lourdement endetté. Par exemple, les catastrophes naturelles imprévues telles que la sécheresse, les inondations ou encore la guerre et les conflits civils peuvent avoir de terribles conséquences dans certains pays pauvres. Dans de tels cas, la Banque et la communauté internationale du développement proposent toutes sortes d’aides pour soutenir les pays dans le besoin.
