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Une Afrique ouverte aux affaires
Pour Mohammed Yassin Olad, un homme d’affaires somalien, l’entreprise de transport aérien qu’il dirige est une véritable opération de trésorerie. Les personnes qui voyagent sur Daallo Airlines en Somalie payent leur billet comptant et, comme les passagers, l’argent voyage également sur le vol.
C’est là une des façons de diriger une affaire en Somalie, un pays dépourvu de gouvernement central depuis plus de dix ans.
Pour Olad, cette situation présente des avantages. « Ne pas avoir de gouvernement est parfois difficile mais c’est aussi parfois un atout », explique-t-il. « La corruption n’est pas un problème car il n’y a pas de gouvernement. »
L’histoire de Daallo Airlines, qui a débuté en 1991 après la chute du gouvernement, est un exemple d’entreprise prospère en Afrique, un continent pourtant rarement considéré comme favorable à l’investissement commercial.
Dans le nouveau film, Africa: Open for Business (Afrique s’ouvre aux affaires), le mythe du commerce africain est démenti par 10 entrepreneurs du continent qui racontent avec leurs propres mots leur chemin vers le succès.
Une industrie qui plane
Olad fait partie de ces entrepreneurs. Il est le PDG de Daallo Airlines qui a connu des débuts modestes avec un petit Cessna de location qui ne proposait qu’un seul et unique trajet aller-retour.
« Après le début de la guerre, la Somalie était très isolée et les gens avaient vraiment besoin de l’avion. Il n’y avait ni moyen de transport ni banque. Les habitants fuyaient le pays », se souvient-il.
Aujourd’hui, le secteur des entreprises privées de transport aérien est en pleine expansion en Somalie. Plus de cinq compagnies y proposent des vols à travers l’Afrique et vers l’Europe.
Un avenir optimiste grâce au design
Au Nigéria, Adenike Ogunlesi possède et gère la marque « branchée » de vêtements pour enfants, Ruff 'N' Tumble. Tout a commencé par hasard. « Mes enfants n’avaient plus de pyjamas et j’avais l’habitude de dessiner des vêtements pour femmes. J’ai donc décidé de créer des pyjamas pour mes enfants. »
Mme Ogunlesi s’est d’abord mise à créer des vêtements pour les enfants d’un ami. Très vite elle en a vendu dans les bazars. Son idée de génie : une campagne de publicité où les modèles de sa marque étaient portés par ses propres enfants. Le succès a été immédiat.
« C’était la première fois que des vêtements pour enfants étaient présentés, non dans une pub étrangère, mais par des petits nigériens. Le résultat a été incroyable. Les gens voulaient réellement des vêtements ‘made in Nigeria’ », raconte-t-elle.
Aujourd’hui, Ruff 'N' Tumble est une affaire florissante comptant 50 employés. Elle est même capable de proposer des prêts au logement à son personnel. Pour Mme Ogunlesi, certains des défis auxquels elle est confrontée sont élémentaires : disposer d’une électricité fiable par exemple. « L’alimentation en électricité ne s’arrange pas, elle empire », se désole-t-elle.
Une vie animée
À Dakar, au Sénégal, les propriétaires de Pictoon, un studio d’animation, font eux aussi face aux problèmes d’alimentation électrique.
Pour Aida Ndiaye, directrice de la production chez Pictoon, les coupures brutales d’électricité et les pannes réduisent la durée de vie des ordinateurs.
« Vous pouvez installer toutes les protections que vous voulez contre les surtensions, ça ne change rien. Tous les ans nous devons remplacer tout le système », déplore-t-elle.
Malgré cela, Pictoon est une affaire florissante. Il est le seul studio d’animation africain produisant des séries télévisées et des longs métrages. Il a récemment sorti « Kabongo », une série en 13 épisodes qui raconte l’histoire d’un Africain mystique et de son singe qui parcourent le monde. Il s’agit de la première série entièrement réalisée en Afrique.
Le copropriétaire et directeur artistique, Pierre Sauvalle, originaire du Cameroun, a appris son métier à Paris. Il s’est installé à Dakar pour avoir une chance de former les gens du pays (a) à l’art de raconter des histoires d’Afrique à travers des films d’animation.
D’après M. Sauvalle, les gens doutent que leur travail soit vraiment réalisé en Afrique.
« Quand nous présentons ce que fait Pictoon, leur première réaction est de dire qu’il n’a pas pu être fait en Afrique. Pour eux, le label ‘africain’ implique obligatoirement que le film a été créé, produit et fini à la va-vite. Ce n’est pas du tout le cas chez Pictoon », déclare-il avec fierté.
« Nous sommes très, très fiers de notre premier film, mais maintenant, pour nous, c’est déjà le passé. Tout a été réalisé en Afrique et ça c’est un fait indéniable », confirme Mme Ndiaye.
« L’animation », nous dit-elle, « est un moyen pour l’Afrique de s’exprimer dans le monde entier ».
Coming to a Theatre Near You?
Africa: Open for Business also showcases entrepreneurs from five other countriesall with a successful story to tell which highlights how they've used local solutions to local problems.
The film ends with the words : "Investing in Africa remains high-risk, but surprisingly Africa offers the highest return on direct investment in the world."
It's a message the film's producer, journalist Carol Pineau, hopes the world will heed.
Watch a six-minute trailer trailer or visit the Africa: Open for Business website to find out about showtimes and locations.
(a) indique une page en anglais.
