Pousse le son !

24 juillet 2006 – Depuis des artistes tels que U2 et Snoop Dogg, jusqu’à des hommes d’affaires comme Bill Gates et Bob Geldof, en passant par les organisations internationales telles que les Nations Unies et la Banque mondiale, tout le monde semble n’avoir qu’un mot à la bouche : l’Afrique.

Youthink! veut en savoir plus : Pourquoi un tel intérêt ? Pourquoi l’Afrique ? Pourquoi maintenant ?

Bono, musicien engagé et leader du groupe U2, explique sur son site, DATA (a), pourquoi il faut s’intéresser de plus près aux chiffres de l’Afrique. C’est ce que nous avons fait et nous avons constaté des points positifs et des points négatifs.


Des chiffres accablants

Plus de 314 millions d’Africains vivent avec moins de 1 dollars EU par jour, presque deux fois plus qu’en 1981. Le continent abrite 34 des 48 pays les plus pauvres du monde et 24 des 32 pays les plus mal classés en termes de développement humain.

It's A Fact

Beaucoup d’exportateurs agricoles africains sont isolés dans les terres ou loin de la côte. En général, un pays africain enclavé présente des coûts de transport 50 % plus élevés et des volumes d’échanges 60 % plus faibles qu’un pays possédant une économie côtière. Les retards aux douanes, les barrages routiers et les coûts arbitraires aux frontières concernent tous les échanges en Afrique.

 

Penses-y

Imagine que sur dix de tes amis, deux perdront leurs parents à cause du virus du SIDA. Maintenant imagine que ces deux amis n’ont aucun membre de leur famille en vie qui puisse les accueillir. Où vont-ils vivre ? Comment vont-ils se nourrir ? Qui s’occupera d’eux ?

L’agriculture emploie 70 % de la main d’œuvre et concerne 40 % des exportations, mais la part de l’Afrique dans le commerce mondial a chuté d’environ 70 milliards de dollars EU par an au cours des 40 dernières années à cause des barrières commerciales et des subventions agricoles mises en place dans les pays développés.

Un pays africain sur quatre souffre actuellement des effets de conflits armés. Environ 15 millions d’Africains vivant dans des pays en guerre ont été forcés de se déplacer au sein de leurs propres frontières et 4,5 millions d’entre eux ont dû fuir vers des pays voisins.

L’Afrique subsaharienne n’abrite qu’un peu plus de 10 % de la population mondiale, mais elle compte 60 % de toutes les personnes atteintes du VIH, soit 25,8 millions. À l’heure actuelle, 12 millions d’orphelins du SIDA habitent en Afrique et d’après les Nations Unies, ce chiffre va monter en flèche pour atteindre les 18,4 millions dans quatre ans tout au plus. Cela signifie que les orphelins du SIDA représenteront entre 15 et 20 % de la population de certains pays africains.

La malaria (a) est une maladie tout aussi inquiétante et dévastatrice. Parfois comparée à un tsunami silencieux, cette maladie curable transmise par les moustiques atteint environ 2.800 Africains par jour, et cause plus d’un million de morts chaque année !

Si notre discours sur l’Afrique se fait plus pesant, c’est parce qu’il y a tellement de raisons de s’indigner !

S'engager

Ce que vous écrivez à Youthink!

Voici quelques « Qualificatifs de l’Afrique » postés sur notre site.

« Les adjectifs qui me viennent à l’esprit quand je pense à l’Afrique sont : pauvre, nécessiteuse, non éduquée, affamée et assoiffée. » —un visiteur britannique de 13 ans

« Ce qui m’étonne c’est à quel point l’Afrique et ses habitants semblent être en voie d’extinction. 365 jours par an, les habitants de ce continent se tuent entre eux ou meurent à cause du SIDA, de la malaria, etc. Depuis la ségrégation et des meurtres au Rwanda, jusqu’aux conflits au Soudan et au Nigeria. Il faut faire quelque chose. » —un visiteur bangladais de 17 ans

« La pauvreté est un fléau en Afrique. L’emploi en est un des avatars. Le manque de compétences adéquates pour les affaires mène également à la procrastination de la créativité chez les jeunes. Si on avait accordé la priorité à l’éducation, la nation pourrait avoir depuis longtemps dépassé ses problèmes de développement. » —un visiteur ukrainien de 25 ans


Un élan vers un avenir meilleur

Heureusement, toutes les nouvelles ne sont pas mauvaises. Nous voyons un espoir dans le nombre de personnes qui se joignent à nous pour parler de l’Afrique et pour écouter, comme toi.

Nous avons également pu constater que de formidables pas en avant avaient été réalisés et qu’il y a vraiment de quoi s’en réjouir !


Allègement de la dette

Il y a vingt ans, Live Aid ouvrait les yeux de 1,5 million de personnes sur le problème de la famine en Éthiopie. Aujourd’hui, les concerts Live 8 ont réuni dans 10 lieux différents du monde 150 groupes et 1.250 musiciens, pour sensibiliser le public aux crises que vit le continent africain. Les concerts de juillet 2005 ont été écoutés par plus de 3 millions de personnes, sur 182 chaînes de télévision et 2.000 radios. Comme le décrivait l’organisateur de l’événement, Bob Geldolf, le concert est « le point de départ du long chemin vers la justice, le seul moyen de faire entendre nos voix à l’unisson ».

En même temps, lors de la conférence du G8 de 2005 à Gleneagles, les leaders mondiaux se sont engagés à annuler 100 % de la dette de certains des pays les plus pauvres ainsi qu’à multiplier par deux leur soutien à l’Afrique d’ici 2010.

Dans le cadre du Plan d'action pour l'Afrique (PDF), la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Union africaine, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, la Banque africaine de développement, le Forum pour le partenariat avec l’Afrique et d’autres partenaires travaillent dur pour respecter ces promesses ainsi que d’autres importantes initiatives.


Changements économiques

L’Afrique subsaharienne – longtemps considérée comme trop chère et trop risquée pour les affaires – est en train de devenir une destination plus hospitalière pour les investisseurs. Elle a attiré environ 12 milliards de dollars EU d’investissements directs privés étrangers en 2004, soit environ 3 % du chiffre total mondial. Les investissements y ont augmenté dans 40 des 53 pays de la région.

Les échanges locaux bénéficient également des changements de politiques gouvernementales. De nombreux pays, dont le Kenya, Madagascar, le Mozambique, le Mali et le Burkino Faso, ont considérablement progressé dans la simplification de leurs procédures de création d’entreprises, en réduisant le nombre de permis, de droits à payer et les délais exigés. Le Burkina Faso, par exemple, a créé un concept de services « tout-en-un » qui permet de réduire les frais d’inscription de 60 % et le délai d’un tiers. A Madagascar, le temps nécessaire pour inscrire une entreprise a chuté de 38 à 8 jours.

L’encouragement de la croissance interne des affaires est payant, aussi bien localement que dans le monde. Plusieurs pays africains arrivent à produire à l’échelle mondiale et à affronter la concurrence sur les marchés internationaux. Le Kenya et l’Éthiopie vendent leurs fleurs en Europe et les légumes sénégalais sont présents dans les épiceries parisiennes.

Tous ces changements contribuent à créer un impact positif. Quinze pays, dont l’Ouganda, l’Éthiopie et le Burkina Faso, ont connu une croissance économique moyenne de plus de 5 % par an depuis le milieu des années 1990.


Conflits

De meilleurs capacités de leadership, le soutien international et le désir de paix des Africains eux-mêmes ont permis de réels progrès dans la résolution des conflits, notamment en Ouganda, au Rwanda et au Mozambique qui ont vu leur situation changer du tout au tout.

Le Programme multi-pays de démobilisation et de réintégration (MDRP) est un partenariat rassemblant plus de 40 membres incluant des gouvernements régionaux, des donateurs, la Banque mondiale, les Nations Unies, des organisations régionales et des institutions financières internationales. Il soutient activement la démobilisation et la réintégration des anciens combattants de la région centrafricaine des Grands lacs et constitue le programme de ce type le plus vaste au monde. Le MDRP vient actuellement en aide à environ 450.000 anciens combattants et à environ 18.000 enfants, certains seulement âgés de 6 ans, dans sept pays : l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Rwanda et l’Ouganda.

Video

video Vidéo: Une Afrique ouverte aux affaires (a). Dix entrepreneurs africains qui ont réussi dans 10 nations différentes racontent leur histoire dans ce film d’un nouveau genre.

game Carte interactive : L'Afrique subsaharienne

Audio Diaporama : Une introduction au MDRP and La lutte contre la malaria en Afrique (a)

 

Penses-y

Écris aux dirigeants de ton gouvernement et signe la pétition Live 8 (a) pour faire savoir aux responsables que tu es persuadé qu’un avenir meilleur pour l’Afrique c’est un meilleur avenir pour nous tous !


VIH/SIDA

Dans les 25 pays à faible revenu de l’Afrique subsaharienne, les dépenses nationales consacrées par les gouvernements à la lutte contre le SIDA ont augmenté de 130 % depuis 2001. Elles atteignaient un total de 640 millions de dollars EU en 2005. Pendant la même période, dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (en dehors de l’Afrique subsaharienne), elles augmentaient d’environ 10 %.

De plus, le Programme multinational de lutte contre le VIH/SIDA (MAP) de la Banque mondiale a engagé 1,12 milliard de dollars EU dans l’aide à 29 pays et à 4 projets régionaux (transfrontaliers). Il a financé près de 50.000 ONG et projets populaires communautaires ou religieux.


Malaria

L’initiative « Faire reculer le paludisme » (Roll Back Malaria), lancée en 1998 par l’Organisation mondiale de la santé, l’UNICEF, la Banque mondiale et le PNUD, a connu un nouvel élan en 2005 lorsque la Banque a créé le « Global Strategy and Booster Program », un programme visant à définir une stratégie globale et à dynamiser la lutte contre la maladie. Au cours de la première étape de trois ans du projet 405 millions de dollars ont été engagés, en un an, pour venir en aide à 20 des pays les plus touchés au monde.

« Il s’agit d’un combat sur dix ans », souligne Gobind Nankani, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique. « Notre objectif est à la fois de prévenir la maladie et de veiller à ce que la population à risque accède à l’aide médicale en temps voulu. »

Des ressources ont également été apportées par la Gates Foundation qui a annoncé, en octobre 2005, l’attribution de nouveaux fonds à la recherche et au développement liés à la malaria (R&D) (a). À travers la fondation, le fondateur de Microsoft, Bill Gates et sa femme Melissa ont augmenté leur engagement de 258,3 millions de dollars pour la recherche d’un vaccin contre la malaria, de nouveaux médicaments et l’amélioration des méthodes de contrôle des moustiques.


Action = résultats

Qu’ils soient propriétaire d’une entreprise, enseignant, pilote, président de conseil d’administration, premier ministre, chancelier ou président, de quel type de monde souhaitent-ils hériter ? Sûrement du même dont tu es là juste en train de rêver : un monde où chacun a ses chances et le choix de se construire une vie saine et créative.

À l’heure actuelle, la convergence des ressources financières et sociales a placé l’Afrique sur le devant de la scène. Il ne tient qu’à nous, individus, institutions et gouvernements, de lui accorder l’importance qu’elle mérite. Alors continue à parler avec tes amis, ta famille et tes professeurs des défis et des progrès de l’Afrique. Un avenir meilleur pour l’Afrique est un avenir meilleur pour nous tous !

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(a) indique une page en anglais.