Joy Phumaphi, Vice-présidente de la Banque mondiale

Je m’appelle Joy Phumaphi, je viens du Botswana, un petit pays de 1,7 million d’habitants situé à la frontière nord de l’Afrique du sud, entre le Zimbabwe et la Namibie, sans aucun accès à la mer. Je suis vice-présidente du Développement humain.

Youthink! : Y a-t-il eu un moment particulier où vous avez décidé de consacrer votre vie au développement international ?

Joy Phumaphi : Je ne sais pas s’il y a eu un moment particulier, mais au fil du temps, il m’a semblé de plus en plus évident qu'il n’était pas possible d’améliorer le développement humain sans dépasser les frontières d’un seul pays alors que nous habitons tous un village mondial. Pour pouvoir traiter efficacement le contexte local, il est nécessaire de comprendre le contexte mondial et celui du développement. De ce point de vue, pour pouvoir travailler efficacement dans ce domaine, il devient donc indispensable à un moment donné de travailler dans la sphère du développement international.

Youthink! : Y a-t-il un secteur particulier qui vous intéresse plus que les autres ?

Joy Phumaphi : Ce qui m’intéresse réellement est l’aptitude des personnes à s’accomplir sur le plan personnel. Pour que cela soit possible, il est nécessaire d’ouvrir certains créneaux d'opportunité à diverses étapes de la vie des personnes. Mon rôle, tel que je le conçois, est de m’occuper de ces créneaux, notamment celui de l’opportunité créée par l’adaptation de la formation, formelle ou informelle, au marché du travail, ou d'aider les jeunes ayant abandonné l’école ou qui sont au chômage du fait qu’ils ne sont pas bien préparés au marché du travail. Je préfère jouer un rôle de catalyseur plutôt que de me limiter à un secteur particulier du développement humain.

Youthink! : Qu’est-ce qui vous a poussé à faire carrière dans le développement international ?

Joy Phumaphi : Je viens d’un pays en voie de développement à revenu intermédiaire-bas [le Botswana] qui se trouve dans une impasse en termes de diversification de l’économie. Le marché mondial est maintenant si complexe et les problèmes sont si variés que tout pays en voie de développement qui souhaite entrer et réussir dans le marché se doit de bien comprendre les rouages qui l’animent. C’est ce qui m’a réellement motivée à quitter le Botswana pour travailler dans la sphère du développement, avec l’idée de revenir dans mon pays ou dans ma région pour appliquer ce que j’ai appris et aider tous mes concitoyens.

Youthink! : Avez-vous des conseils à donner quant à la manière dont un jeune peut se préparer pour faire carrière dans le développement international ?

Joy Phumaphi : Les jeunes occupent la tranche d’âge la plus concernée par ces problèmes et qui regroupe 47 % de la population mondiale sans emploi. Ce sont eux qui sont le plus touchés par des maladies, avec plus de 6 000 jeunes infectés tous les jours par le virus VIH. Cependant, les jeunes sont aussi les plus créatifs, les plus forts, les plus visionnaires. Ce sont eux, plus que toute autre tranche d’âge, qui ont les capacités pour mettre en valeur leur potentiel. Aux jeunes, j'ai envie de dire qu'il s'agit de leur propre avenir, qu'il ne tient qu'à eux de se l'approprier et de le mettre dans le moule dont la forme leur convient le mieux. Rien n’est impossible. Mais, en même temps, je voudrais lancer un appel à ceux qui comme moi, sont dans une position de mise en place des stratégies, des réglementations et des programmes, pour s’assurer que ces stratégies, réglementations et programmes répondent bien à cette énergie qu’offrent les jeunes à la collectivité mondiale. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous aurons atteint la mission principale de la Banque en matière de réduction de la pauvreté et que nous aurons atteint notre vision d’une famille mondiale saine, prospère, diversifiée, intégrée et bien développée.

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Youthink! : Comment se conjugue votre travail au jour le jour ?

Joy Phumaphi : Au sein du réseau du développement humain, je travaille avec des collègues qui sont responsables des volets éducation, santé, protection sociale, jeunesse et développement, diversité et éthique. Nous pensons que nous sommes au cœur même du travail de la Banque car nous nous concentrons sur l'unité de base de l’interaction sociale, économique et politique, à savoir l’être humain. Aucun programme de développement ne peut être mis en place sans le capital humain, et nous considérons que notre rôle est celui de renseigner le processus du développement au sein de la Banque. Nous sommes donc le liant du travail de la Banque en matière de développement. Au jour le jour, je travaille avec mes collègues pour réaliser cet objectif, pas tant pour nous dans le réseau, mais plutôt pour tous les maillons de la Banque et encore davantage pour nos clients au niveau national.

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