Diaporama : Brancher l’Afrique orientale et australe
Lutter contre la pauvreté avec les téléphones mobiles
Si vous êtes comme la plupart des adolescents des pays riches, votre téléphone mobile est l’accessoire indispensable de votre vie sociale, car il vous permet de garder le contact avec vos amis, où qu’ils soient.
Mais pour bon nombre de personnes dans les pays pauvres, les téléphones mobiles sont un outil qui les aide à sortir de la pauvreté.
La technologie du téléphone mobile est utilisée de manière créative dans les pays pauvres pour favoriser le développement et réduire la pauvreté, particulièrement en région rurale.
Comment est-ce possible ?
Obtenir le bon prix
Les téléphones mobiles aident les gens à se connecter
aux marchés : ils permettent aux acheteurs d’appeler dans les
villages voisins pour dénicher les meilleures affaires tout en permettant
aux producteurs de mieux établir le prix de leurs marchandises.
Une fois que les pêcheurs de Kerala en Inde ont été équipés
de téléphones mobiles, ils ont été capables d’appeler
divers marchés et de fixer leur prix de vente avant même de décharger
leurs poissons sur les quais. En quelques semaines, les fluctuations du prix
du poisson ont diminué, augmentant les profits des pêcheurs de
9 % et réduisant les prix à la consommation de 4 %.
Accéder à des services bancaires
L’accès aux services bancaires traditionnels est cher et limité dans les régions rurales des pays pauvres. Cette réalité signifie que bon nombre de personnes n’ont que l’argent en espèces comme moyen de paiement, ce qui en plus d’être peu pratique limite leurs occasions d’affaires. Les téléphones mobiles contribuent à changer cette réalité en offrant des services bancaires sur les réseaux mobiles aux personnes non desservies par les réseaux traditionnels. L’utilisation de cette technologie en est encore à ses débuts, mais son potentiel est immense.
Voici quelques exemples :
Aux Philippines, les clients ayant des microcrédits auprès de banques rurales peuvent utiliser G-Cash, un service du fournisseur Globe Telecom, pour rembourser leur prêt sans avoir à se rendre dans la succursale la plus proche de leur banque, qui est souvent très éloignée. Les clients effectuent leur remboursement mensuel de prêt avec leur argent G-cash disponible en envoyant simplement un texto (SMS).
La Teba Bank d’Afrique du Sud a recours à la technologie existante des téléphones mobiles pour offrir des services bancaires électroniques (épargne et paiement) à faible coût aux clients pauvres. Ce programme avait initialement été mis au point pour gérer le paiement des salaires des travailleurs migrants.
Au Congo et en Zambie, les clients utilisent leur téléphone mobile pour payer leurs factures. Le client crée un compte auprès de Celpay et peut ensuite faire des achats en envoyant une demande par texto à Celpay qui se chargera de transférer l’argent sur le compte du commerçant. La sécurité est assurée par l’utilisation d’un numéro personnel d’identification qui est requis pour toute transaction.
Téléphones mobiles versus téléphones fixes
Il y a désormais cinq fois plus d’abonnés au téléphone mobile qu’au téléphone fixe en Afrique.
Les téléphones mobiles et autres technologies plus récentes sont principalement financés et déployés grâce à d’importants investissements privés. Ces nouvelles technologies nécessitent relativement peu de personnel qualifié et sont assez faciles à entretenir, affirme M. Burns.
À l’inverse, les technologies plus anciennes, tel que le téléphone fixe, sont financées et entretenues par les gouvernements et dépendent par conséquent d’une infrastructure et d’un financement public coûteux qui peuvent être limités.
D’après Bankable Frontier Associates, seulement 1,5 % des adultes de l’Afrique du Sud utilisent les services bancaires par téléphone mobile.
D’autres projets portant sur les services bancaires par téléphone mobile sont en cours en Colombie, au Kenya, aux Philippines, aux Maldives, au Pakistan, en Afrique du Sud et en Mongolie, selon le Consultative Group to Assist the Poor (CGAP), un regroupement de 33 sociétés publiques et privées qui aide les pauvres à avoir accès à des services financiers.
Fournir des revenus aux femmes pauvres
Des personnes vivant en région rurale ont transformé le fait d’être propriétaire d’un téléphone mobile en une entreprise à petite échelle en louant leur téléphone à d’autres.
Pour bon nombre de femmes pauvres dépourvues de tous droits, ce commerce est devenu une source fiable de revenus.
Au Bangladesh, le projet Village Phone permet non seulement aux habitants des villages d’avoir accès au téléphone, mais rend les femmes plus autonomes grâce au travail d’opératrices, favorise l’activité économique et encourage l’entreprenariat. Lancé par Grameen Phone (a), Village Phones possède 280 000 téléphones mobiles répartis dans 55 000 villages du Bangladesh.
Un projet similaire est en cours au Nigeria.
Des solutions « traditionnelles » de développement sont encore nécessaires
Même si la téléphonie mobile a eu un « impact transformationnel » sur les régions d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud et sur d’autres régions à faibles revenus, les nouvelles technologies ne sont pas le remède miracle qui éliminera la faim, dit Andrew Burns, économiste de la Banque mondiale et auteur du rapport Perspectives pour l'Économie mondiale .Outre le besoin de suivre le progrès technologique, les pays pauvres
doivent continuer d’améliorer leurs infrastructures de base,
telles que les routes, ainsi que leur système de santé et d’éducation.
Les avancées technologiques et l’adoption de nouvelles technologies
peuvent contribuer au développement de tous ces domaines, mais ne peuvent
pas s’y substituer.
(a) indique une page en anglais.
