Payer les filles pour aller à l’école ?

Agée de treize ans, Askin vit à Diyarbakir, une ville du sud-est de la Turquie.

Sa famille est très pauvre. Pour elle, envoyer Askin à l’école était un luxe absurde, alors qu’elle pouvait travailler et gagner de l’argent pour aider sa famille.

Dans une lettre envoyée au directeur de l’école, Askin a menacé de se suicider si ses parents la retiraient de l’école.

Le directeur de l’école Oya Senvic a déjà reçu plusieurs lettres de ce genre écrites par des filles.

D’après lui, « les parents ne comprennent pas pourquoi ils devraient envoyer leurs filles à l’école. Ils veulent qu’elles restent à la maison pour accomplir les tâches ménagères et qu’elles se marient. Aux yeux des familles, aller à l’école est une perte de temps ! »

Oya a trouvé le moyen de convaincre les parents d’Askin de laisser leur fille à l’école : ils reçoivent maintenant une bourse mensuelle de 10 dollars EU pour permettre à Askin de poursuivre ses études.

Dans de nombreux pays du monde, des programmes similaires permettent de garder des enfants à l’école, en particulier des filles de milieux pauvres.


Deux fois plus de filles dans les écoles bangladaises grâce aux bourses

Depuis 1982, de telles bourses ont aidé au Bangladesh, certaines familles à payer les frais d’étude de leurs filles à l’école secondaire. Les taux d’inscription des filles est passé de 27 % à 44 % en cinq ans.

Musammad Akhtar, treize ans, fait partie du million de filles bénéficiant cette année d’une telle bourse.

Son père, Alaur Rahman, un ancien pousseur de rickshaw, est à moitié paralysé à la suite d’un accident grave survenu quelques années auparavant.

Sa mère, Zohra Khatun, doit subvenir aux besoins de la famille. Cuisinière dans un restaurant de bord de route, elle gagne moins de 20 dollars EU par mois.

Elle est analphabète, mais elle place de grands espoirs dans sa fille.

« Ne pas savoir lire, c’est comme être aveugle ou ne pas avoir l’usage d’un de ses membres… », affirme-t-elle.

D’après le directeur de l’école de Musammad, Mohammad Ashraf-ul-Islam, le nombre d’élèves filles à l’école a doublé au cours des trois dernières années. Elles sont passées de 200 à 400 dans son établissement.

« Cinquante pourcent de la population est féminine. Si vous privez d’éducation cette moitié, la nation ne peut pas progresser. Une mère non éduquée ne peut pas guider son enfant. Je suis heureux de savoir que, grâce à ce programme de bourses, nous auront désormais plus de mères éduquées », dit Jan Manzoor, professeur à l’école secondaire pilote Kaliakoir pour filles de Gazipour, au nord-ouest de Dhaka.


Des bourses pour soutenir les performances scolaires des filles

Au Pendjab, au Pakistan, c’est plus de 150.000 filles de la sixième à la huitième année qui reçoivent maintenant une bourse pour leur permettre de rester à l’école. Cette nouvelle initiative fait partie d’une réforme du système éducatif luttant contre le taux élevé d’analphabétisme et le peu d’inscription dans les écoles primaires.

Grâce à ce genre de projet, des familles brésiliennes reçoivent maintenant de l’argent pour les aider à éduquer leurs enfants. Mais elles doivent remplir certaines conditions. Les familles ne reçoivent de l’argent que si leurs enfants ans vont régulièrement à l’école.

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Au Mexique, les familles ne reçoivent des bourses que si elles sont capables de garantir que leurs enfants vont à l’école et qu’ils se rendent régulièrement dans des cliniques médicales.

Des programmes similaires sont également prévus au Yémen, au Tchad et en Afrique.

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(a) indique une page en anglais.