De l’argent contre un travail… L’emploi est un échange, qui se veut équitable, d’une rémunération contre une prestation, une fonction ou un devoir spécifique. Il s’inscrit dans un secteur d’activité qui peut être plus au moins important.
Emploi et croissance économique sont indissociables. Sans emploi, ni individu ni la société ne peuvent subsister.
Selon une enquête de la Banque mondiale intitulée Voices of the Poor (Les voix des pauvres), la grande majorité des gens pensent que l'emploi permet d’échapper à la pauvreté. Et ils n’ont pas tort puisque, selon la Pratique des affaires ceux qui s’en sortent, y arrivent en montant leur propre affaire ou en trouvant un emploi dans une structure déjà existante.
90 % des opportunités d’emploi dans la plupart des pays se situent dans le secteur privé.
Les entreprises permettent d’augmenter la productivité et aident ainsi les pays à se développer. Mais dans certains endroits, les lois et les règlementations ne favorisent pas le développement du secteur privé, l’empêchant ainsi de s’intégrer au marché mondial.
Selon la Pratique des affaires 2006, il est quasiment impossible de lancer une affaire dans certains pays :
- Au Laos, la procédure de démarrage d’une nouvelle affaire prend 198 jours.
- En Syrie, une personne doit disposer d’un capital d’au moins 270.000 dollars EU, soit 51 fois le revenu moyen annuel, pour enregistrer une société.
- En Bosnie, pour construire un entrepôt, les frais de raccordement et d’urbanisme s’élèvent à 87 fois le revenu annuel moyen.
- Au Guatemala, il faut 1.459 jours pour résoudre un différend banal devant les tribunaux.
- En Sierra Léone, une entreprise aura à consacrer 164 % de ses bénéfices nets au paiement de ses taxes professionnelles.
Faire tourner une entreprise “informelle”
Oumarou possède une petite entreprise alimentaire au Burkina Faso. Il voudrait bien pouvoir offrir ses services à des clients plus importants. Mais ceux-ci exigent qu’il paye la taxe sur la valeur ajoutée. Pour cela, il devrait enregistrer officiellement son affaire en tant qu’entreprise.
Malheureusement, la chose n’est pas facile. Il devrait disposer au minimum d’un capital s’élevant à 5 fois le revenu annuel moyen national par habitant. Rien que pour les frais, il lui faudrait payer 1,5 fois ce revenu. Pour obtenir un prêt bancaire, on lui demande une garantie importante. Oumarou a bien une petite propriété qui pourrait servir de garantie, mais il ne l’a jamais fait enregistrer parce qu’il aurait dû payer des frais correspondant à 16 % de sa valeur. Alors, face à tous ces obstacles, Oumarou n’a pas d’autre choix que de se rester dans le secteur informel et de ne pas chercher à s’agrandir.
Il n’est pas le seul au Burkina Faso : dans ce pays de plus de 12 millions d’habitants, seuls 50.000 personnes travaillent dans le secteur formel (cf. Pratique des affaires 2006)
A cause de ces difficultés réglementaires, les entrepreneurs évoluent dans l’économie informelle. Ce qui veut dire qu’ils ne paient pas de taxes et n’ont, par conséquent, pas accès aux crédits et aux services d’utilité publique qui leur permettraient d’agrandir leurs affaires. Cela signifie également qu’ils n’offrent aucun avantage (santé et pension) à leurs employés.
Plus de la moitié de la population de plusieurs pays en développement travaille dans le secteur informel. Les femmes et les jeunes sans expérience constituent la majorité des travailleurs de ce secteur.
- Un milliard de personnes seront en âge de travailler dans les 10 prochaines années. Nombreux seront sans emploi
- Selon les estimations de l’Organisation internationale du travail, quelque 88 millions de jeunes gens (femmes et hommes) sont actuellement au chômage. Ils représentent 47 % des 186 millions des chômeurs dans le monde.
- Les jeunes sont, en moyenne, deux à trois fois plus exposés au chômage que les personnes âgées.
- La plupart des jeunes gens qui travaillent ont tendance à évoluer dans le secteur informel. Parmi les jeunes, ce sont les handicapés, les femmes et les ressortissants de groupes ethniques minoritaires qui sont le plus souvent victimes du chômage.
Les emplois réservés aux jeunes sont souvent à temps partiel, non sécurisés, avec très peu d’avantages ou avec de faibles perspectives d’avancement. Peu rémunérés, ils ne permettent pas de couvrir les besoins fondamentaux.
Lorsque la jeunesse ne trouve pas d’emplois productifs et sécurisants, cela peut entraîner de grands problèmes sociaux :
- Une pauvreté accrue au sein de la jeunesse.
- Des retards dans le mariage et la vie de famille.
- Un sentiment de marginalisation, d’exclusion et de frustration qui mène souvent à des comportements qui représentent autant de risques pour la société.
- Lorsque les jeunes, en particulier les hommes, pensent qu’ils n’ont aucune perspective d’embauche, ils sont plus enclins à abandonner l’école.
Lors du Sommet du millénaire, les dirigeants de la planète ont décidé de “développer et mettre en œuvre des stratégies destinées à offrir aux jeunes du monde entier une véritable chance de trouver un emploi décent et productif”. L’emploi des jeunes est essentiel dans la lutte contre la pauvreté.
Les organisations internationales telles que l’Organisation internationale du travail se consacrent à améliorer l’accès des hommes et des femmes de tous âges à un travail décent et productif, dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité.
D’autres organisations, comme la Banque mondiale, soutiennent le développement du secteur privé et d’emplois publics sains dans le but de créer de l’emploi pour tous, y compris pour la jeunesse.
Par ailleurs, des banque de développement internationales, dont la Banque Mondiale, et des organisations non gouvernementales fournissent des microfinancements aux personnes pauvres, y compris aux jeunes démunis, qui ne peuvent pas accéder aux services de prêts bancaires. Ces microcrédits leur permettent de démarrer ou d’agrandir leur propre affaire. De cette manière, ils ont désormais accès à l’épargne, au crédit et aux autres services financiers.
La microfinance stimule l’emploi et permet aux jeunes d’acquérir des compétences en entreprenariat. Cela leur procure des moyens de subsistance et améliore considérablement leurs perspectives d’avenir.
- Informe-toi sur les lois et règlementations en vigueur dans ton pays. Vérifie si elles sont justes, transparentes et favorables au développement des affaires. Si non, engage-toi pour les améliorer.
- Fais des recherches auprès de la Chambre nationale de commerce pour en savoir plus sur le secteur privé ainsi que sur les opportunités en matière d’entreprenariat.
- Réfléchis aux qualités qu’il faut pour devenir un entrepreneur et trouve des moyens créatifs de commencer ta propre affaire.
