Faits

Mettre les choses en perspective

Le tremblement de terre de Marmara, Turquie, en 1999 a montré la nécessité d’une planification de la prévention. Mais d’autres éléments sont venus s’ajouter pour sensibiliser l’opinion publique. Comme par exemple :

La nécessité de minimiser les pertes qu’entraînent les catastrophes naturelles pour pouvoir réaliser les Objectifs de développement pour le millénaire (des objectifs internationaux visant à réduire la pauvreté et à améliorer les services au profit des pauvres d’ici 2015).

L’importance des pertes économiques dues aux catastrophes naturelles a sensibilisé l’opinion et a créé ainsi l’impulsion politique nécessaire pour introduire des approches stratégiques en matière de gestion des risques.

Les avancées technologiques ont permis de développer de nouveaux systèmes d’alerte et de suivi, des mécanismes de gestion d’urgence, des techniques d’atténuation des risques et l’échange d’expérience entre les pays.

Une meilleure compréhension des exigences politiques et institutionnelles permet de bien intégrer la gestion des risques dans les politiques et d’offrir aux pays vulnérables des solutions pour une gestion durable des risques.

Les instruments modernes de financement des risques, tel le Consortium turc d’assurances anti-catastrophes naturelles, offrent aux pays de nouvelles opportunités en matière de gestion des risques.

Catastrophes naturelles : vers une approche proactive

Les catastrophes naturelles font des ravages… Elles causent de terribles dégâts dans les vies, l’économie et les infrastructures d’un pays. Le Tsunami de décembre 2004 dans l’Océan Indien ou le tremblement de terre d’octobre 2005 au Pakistan en sont des exemples. Ils ont provoqué la mort de milliers de personnes et laissé des centaines de milliers sans abri. En août 2005, l’ouragan Katrina a été l’une des tempêtes les plus meurtrières et les plus coûteuses de tous les temps. La multiplication des catastrophes naturelles a amené la communauté internationale à s’intéresser davantage à la gestion de ces menaces.

On peut éviter ou, du moins, atténuer les effets des catastrophes naturelles, mais pour cela il faut investir davantage dans la prévention. Même si cela paraît évident, ce n’est qu’au cours des dernières années que les décideurs ont commencé à s’intéresser à la prévention et à la reconstruction post-catastrophe. Ce nouvel intérêt marque, tout de même, un changement radical, qui risque de prendre plusieurs années à se concrétiser. Pourquoi ?


Se préparer aujourd’hui pour demain

De nombreux pays pauvres pensent encore que la gestion des catastrophes est un luxe que seuls les pays riches peuvent s’offrir. Montrer l’importance de la prévention est souvent difficile parce que :

  • Les populations pensent que la reconstruction post-catastrophe est l’affaire des gouvernements.
  • Pour beaucoup, les catastrophes sont l’expression d’une volonté divine à laquelle on ne peut s’opposer et dont on ne peut amoindrir l’impact.
  • Les politiciens et les décideurs ont beaucoup d’urgences à résoudre. Il est donc difficile de les amener à se pencher sur la gestion des catastrophes. Souvent, ils ne sont même plus en poste au moment où celles-ci se produisent, et ils se disent que la communauté internationale sera de toute façon là pour aider à redresser la situation. Par conséquent, ils ont peu de motivation, économique ou politique, à faire des efforts pour prévoir les catastrophes.


La Turquie : une pionnière en matière de gestion des catastrophes

Plus de 15 000 morts et des centaines de milliers sans abri… C’est le bilan du tremblement de terre de grande magnitude qui a frappé la région de Marmara, en Turquie, en août 1999. Il a également ravagé une bonne partie de la région industrielle du pays.

Un programme global de reconstruction a été conjointement mis en place par la Banque mondiale, l’Union européenne, le Programme des Nations-Unies pour le développement, les bailleurs de fonds bilatéraux et le gouvernement turc.

Les fonds dégagés par la Banque mondiale ont permis la reconstruction et la mise en place d’interventions destinées à minimiser les conséquences socioéconomiques du désastre. Cela a permis de construire des maisons et des infrastructures pour les victimes et leurs communautés.

Ensuite, une nouvelle manière de gérer les catastrophes naturelles a été définie. Deux mesures ont notamment été mises en place :

  • l’introduction d’un mécanisme moderne d’assurance anti-catastrophes naturelles (le Consortium turc d’assurances anti-catastrophes naturelles)
  • La mise en place d’un organisme de gestion des urgences (l’Agence turque de gestion des urgences)
  • Ces mesures ont attiré l’attention des gouvernements sur la gestion des risques dans des pays d’Europe de l’Est, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes.


Mieux vaut prévenir que reconstruire

Une bonne partie du portefeuille des prêts de la Banque mondiale est consacrée à la gestion des risques. De 1980 à 2003, elle a investi près de 14 milliards de dollars ÉU pour atténuer les effets des catastrophes naturelles et effectuer des travaux de reconstruction. Si on inclut les projets ayant une composante « gestion des catastrophes », le montant des prêts se chiffre à 43 milliards de dollars ÉU.

Cette approche proactive de la gestion des catastrophes naturelles vise à :

  • intégrer la gestion des catastrophes dans tous les projets de la Banque mondiale afin que les efforts de développement futurs aident à prévenir les catastrophes ;
  • encourager les gouvernements à réduire les risques liés aux catastrophes.

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(a) indique une page en anglais.