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Les catastrophes naturelles : questions-réponses

14 octobre 2009—Des étudiants de la Kings Preparatory School Parramatta en Australie nous ont fait parvenir une série de questions sur les efforts de reconstruction post-catastrophe naturelle et les actions menées par la Banque mondiale dans ce domaine. Merci à Rina Meutia et Anna C. O’Donnell, membres du Dispositif mondial de réduction des catastrophes et de relèvement (GFDRR) de la Banque mondiale pour leurs réponses claires et détaillées.


Q : En moyenne, quel est le montant annuel de l’aide engagée par la Banque mondiale pour aider les pays à réparer les dommages causés par les catastrophes naturelles ?

R : De 1984 à 2009, la Banque mondiale a déboursé 52 millions de dollars dans des projets liés aux catastrophes. Sur ces 52 millions de dollars, 10 millions de dollars ont été spécialement affectés aux prêts de reconstruction d’urgence après catastrophe. Il est difficile d’établir avec précision une moyenne des sommes d’argent rétribuées car les chiffres varient énormément d’une année sur l’autre et dépendent du nombre et du type de catastrophes naturelles survenues.

Q : Quelles sont les interventions à gérer en priorité ?

R : Lorsque que survient une catastrophe naturelle, la première chose à faire est de subvenir aux besoins les plus urgents pour les populations touchées : il faut leur fournir un abri, de la nourriture et de l’eau. Ce qui la plupart du temps est géré par les agences de protection civile locales, les organisations des Nations Unies comme le PAM, l’UNHCR, l’UNICEF et les organisations internationales telles que le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

La Banque mondiale apporte essentiellement un soutien aux gouvernements des pays touchés lors des étapes de réhabilitation et de reconstruction. Ce soutien peut être d’ordre financier ou technique. Pour définir quelles sont les interventions prioritaires à mettre en place, une « Évaluation des besoins après la catastrophe » est menée, dirigée les gouvernements et soutenue par la Banque mondiale et les organisations humanitaires. Cette évaluation permet non seulement de dresser une liste exhaustive des dommages et pertes consécutifs à la catastrophe mais aussi d’identifier les besoins par secteur pour reconstruire et réhabiliter les zones affectées.

Q : Quelle catastrophe coûte le plus cher en moyenne ?

R : Chaque catastrophe majeure est onéreuse, quelle qu’elle soit. Les prix varient suivant l’intensité du désastre, la région touchée – notamment selon qu’on se situe en en milieu rural ou urbain – la densité de population et l’économie du pays. De nombreuses études révèlent que les pays développés supportent mieux les pertes encourues que les pays en développement. En effet, la plupart des gouvernements des pays les moins développés et des pays en développement n’ont en général pas les moyens financiers et techniques nécessaires pour gérer les impacts post-catastrophe.

Les tremblements de terre, tsunamis et cyclones causent des dommages immédiats sur les infrastructures. Mais les catastrophes naturelles comme les sécheresses et les inondations peuvent quant à elles entraîner des dégâts très importants sur le long terme, car elles affectent souvent le secteur de l’agriculture qui est une source de revenu et un pilier de l’économie dans de nombreux pays en développement. Les tremblements de terre endommagent sérieusement les infrastructures (hôpitaux, écoles, maisons) et détériorent les routes. Les exemples ci-dessous vous permettront de réaliser pourquoi il est si difficile d’établir un coût moyen des catastrophes naturelles.

L’évaluation commune des « pertes, dommages et besoins » estime à 1,7 milliard de dollars le montant global des pertes et dommages causés par le cyclone Sidr qui a frappé le Bangladesh en 2007 alors qu’un cyclone de même envergure a provoqué plus de 4 milliards de dollars de dommages en Birmanie en 2008. Bien que cela ne puisse être évalué financièrement, il est important de signaler que le cyclone Nargis a fait plus de 100 000 morts en Birmanie tandis que le cyclone Sidr a causé le décès de 3 500 personnes au Bangladesh, le gouvernement bengali devant probablement posséder un meilleur système de première alerte.

Des crues subites au Yémen ont eu un impact de 1,6 milliard de dollars alors que des séries de tempêtes et d’ouragans ont causé 900 millions de dollars de pertes et dommages en Haïti la même année. En 2005, le tremblement de terre du Cachemire au Pakistan a provoqué des dégâts d’un montant estimé à 5 milliards de dollars alors que les pertes et dommages provoqués par le Tsunami de 2004 en Indonésie ont été chiffrés à 4,5 milliards de dollars.

Q : Quels sont les montants attribués par secteurs ? Combien dépense-t-on en moyenne pour rétablir l’accès à l’électricité et à l’eau, ou pour reconstruire les routes et les immeubles ?

R : Le coût par unité pour réhabiliter les infrastructures – électricité, eau, routes et immeubles – dépend essentiellement de la situation du pays affecté, de l’étendue des dommages et du coût de la main d’œuvre et des matériaux sur place. Au Bangladesh par exemple, l’immobilier a été le secteur le plus sévèrement touché par le cyclone Sidr en 2008. Les besoins financiers pour ce secteur en particulier se sont élevés à 839 millions de dollars alors que les réseaux de transport et de communication ont requis 116 millions de dollars, l’agriculture 21,3 millions de dollars, les approvisionnements en eau 2,3 millions de dollars, etc.

Pour évaluer l’immobilier, 3 coûts unitaires distincts ont été utilisés pour estimer les travaux à entreprendre selon les différents types d’habitations à reconstruire. Typiquement, les coûts par unité sont déterminés par des spécialistes qui collectent des informations pour évaluer les dégâts causés puis qui, avec l’aide d’experts spécialisés dans les différents secteurs, donnent une estimation des montants accordés à la reconstruction et à la réhabilitation.

Bien souvent on attribue 2 montants différents pour une même unité selon les critères de reconstruction exigés.
- Le premier montant donne une estimation des frais qu’il faudrait engager pour reconstruire ce qui a été détruit (reconstruire « à l’identique »).
- Le deuxième montant évalue les coûts qu’il faudrait octroyés pour reconstruire en améliorant la résilience des infrastructures au désastre (reconstruire « en mieux »).
Les reconstructions « en mieux » peuvent s’avérer, dans un premier temps, plus onéreuses, mais peuvent réduire les dégâts causés par les catastrophes à venir. Les exemples de reconstruction « en mieux » incluent : l’amélioration des écoles, la consolidation des systèmes de drainage des routes, le renforcement des berges, la construction d’écoles pouvant également servir d’abris, la création de campagnes de sensibilisation au sein des communautés et le renforcement des systèmes de première alerte.

Q : Y a-t-il d’autres informations que vous souhaiteriez partager avec nous ?

R : Pour tous ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur la façon dont on peut réduire les risques de catastrophes naturelles et connaître les processus de développement des pays qui y sont rattachés, nous vous conseillons de consulter le site www.gfdrr.org (a). Malheureusement, ce site web n’est disponible qu’en anglais, mais il met à votre disposition des rapports d’évaluations communes des pertes et dommages concernant de nombreuses catastrophes et incluant entre autres les exemples cités plus haut au Bangladesh, en Birmanie, en Haïti et au Yémen.

Pour obtenir plus d’informations en français, consultez le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2009 - Alerte précoce, action anticipée.

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(a) indique une page en anglais.