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Photos : Partenariat pour les écosystèmes vitaux (a)
Trop de pêcheurs et trop peu de poissons
Les chalutiers armés d’immenses filets capables d’attraper des tonnes de poissons ont transformé l’industrie de la pêche. Leur efficacité s’est considérablement accrue et la pêche est devenue plus lucrative et pourtant, la quantité de poissons attrapée a chuté.
Fondamentalement, les poissons ne peuvent se reproduire aussi vite qu’ils sont pêchés. Au fil du temps, la diminution de leur nombre signifiera la chute des revenus des pêcheurs pauvres, sans parler de l’extinction éventuelle d’espèces entières de poissons et de la perturbation des écosystèmes marins.
SEn 2001, l’État de Tamil Nadu, dans le sud-est de l’Inde, a mis en place une interdiction annuelle de pêche de 45 jours pour les chalutiers, dans le but d’arrêter la pratique non soutenable de ce type d’industrie le temps de permettre à l’océan à se régénérer.
Deux étudiantes néerlandaises en biologie, Eline van Haastrecht et Marjanka Schaap, ont voulu savoir si l’interdiction fonctionnait et ont décidé d’étudier ce défi écologique dans le cadre de leurs thèses de fin d’études. Cette année-là, leur projet a remporté le concours de thèses sponsorisé par la Banque mondiale et ! Institut d'Amsterdam pour le développement international (AIID).
Les deux jeunes femmes ont considéré l’interdiction du point de vue écologique, économique et social pour bien comprendre son impact et ses effets aussi bien sur les poissons que sur les habitants dont la pêche est la source de revenus principale.
Pendant leur séjour de trois mois à Tamil Nadu, elles ont interviewé des hommes politiques, des scientifiques et des pêcheurs.
Elles ont examiné les impacts de l’interdiction sur les poissons et sur les habitants dont la subsistance dépend de la pêche. Les deux étudiantes ont conclu que, même si l’interdiction n’était pas parfaite, elle avait amélioré la situation par rapport à l’époque où aucune mesure n’était prise.
La plupart des pêcheurs ont reconnu que le stock de poissons s’était rapidement tari et que des mesures devaient être prises.
Les deux biologistes ont également eu l’occasion de s’entretenir avec de nombreux pêcheurs travaillant sur les chalutiers directement touchés par l’interdiction. Ils n’y étaient pas vraiment favorables car, pour eux, elle représentait 45 jours sans salaire et encore plus de difficultés pour nourrir leurs familles. Ils reconnaissaient malgré tout que des mesures devaient être prises pour restaurer les stocks de poissons de l’océan.
L’interdiction date de 2001. Elle a pu être appliquée car elle ne s’adresse qu’aux chalutiers. Les pêcheurs traditionnels, plus nombreux que les pêcheurs sur chalutier, sont toujours autorisés à pêcher.
Nos deux jeunes étudiantes sont aujourd’hui diplômées et prêtes à retourner à Tamil Nadu pour y poursuivre leurs recherches. « Nous voulons récolter davantage de données pour savoir dans quelle mesure les restrictions de pêche favorables à l’environnement sont également acceptables pour les communautés locales ».
(a) indique une page en anglais.
