Six mois plus tard : nouveau départ, nouvelle vie

Le tsunami qui a dévasté les côtes de l’Océan indien voici presque deux ans a laissé derrière lui des dizaines de milliers de sans-abri. Toute la communauté mondiale s’est mobilisée pour leur venir en aide. Pour sa part, la Banque mondiale a consacré 835 millions de dollars EU à un appui financier à la reconstruction. Et pourtant cela ne suffira pas. L’Inde, à elle seule, a besoin de quelque 1,2 milliards de dollars EU !

Il est impossible d’imaginer ce qu’ont subi les victimes du tsunami et les efforts qu’elles ont eu à fournir pour refaire leurs vies. Pour t’aider à comprendre les problèmes auxquels elles ont été confrontées, voici quelques unes de leurs histoires...


L’histoire de Mohammed : une aventure depuis décembre

Visionne la galerie de photos et la bande audio pour savoir ce qui est arrivé à Mohammed Nazeer depuis le tsunami de décembre 2004. Suite...


L’histoire de Pamanji : retour à la mer à Andhra Pradesh

À Andhra Pradesh, un des États indiens, la population a toujours vécu de la mer. Aussi loin qu’ils s’en souviennent, la pêche a été leur seul moyen d’existence.

Après le tsunami, Pamanji Yadagiri, a retrouvé son bateau fracassé contre les palmiers de la côte. Pour lui et sa famille, c’était une véritable catastrophe : sans bateau pas de pêche, sans pêche aucun revenu. On était en décembre et la saison de pêche qui permet de vivre le restant de l’année ne s’étend que de février à avril. La rater c’était la misère assurée.

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Des bateaux en bois en construction.

Heureusement, Pamanji Yadagiri a pu bénéficier d’un financement. En deux mois, son bateau était réparé et ses trois fils et lui retournaient sur l’eau.

Pour lui, tout le mérite en revient aux organisations villageoises et aux groupes d’autopromotion féminine qui sont venus au secours de sa famille, bien avant l’arrivée de l’aide gouvernementale.

Organisés en réseaux locaux très actifs, ces groupes ont tout mis en œuvre pour toucher, rapidement, chaque famille de pêcheurs. Composés de villageois comme Pamanji Yadagiri, ils étaient les mieux placés pour les comprendre, leur donner des conseils et les aider à évaluer ce dont ils avaient besoin pour reprendre leurs activités et gagner leur vie.

Pour la première fois, les besoins d’une communauté ont été pris en compte dans l’élaboration des plans de reconstruction. Grâce aux groupes d’autopromotion féminine et aux organisations villageoises, les pertes subies par chaque famille ont pu être évaluées. Sur cette base, l’administration locale a pu planifier de manière vraiment utile et adéquate le travail humanitaire dans les zones sinistrées.

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L’histoire de Lia : une victime devient actrice de la reconstruction à Bandah Aceh

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Les villageois de Kampong Keuramat font de la cartographie, avec Lia (à droite).

Faits

En Inde, sur les 2,7 millions de victimes du tsunami, plus des trois quarts appartenaient à des communautés de pêcheurs, 15 % travaillaient dans le secteur agricole et 5 % dans des microentreprises.

Au Sri Lanka quelque 90.000 maisons ont été endommagées ou détruites.

Au moment où le tsunami s’abattait sur son village de Banda Aceh, Lia Gho Siu Ching était allée voir sa mère malade à Jakarta. À son retour, trois jours après la catastrophe, tout était détruit. Les rues étaient jonchées de corps couverts de mouches. Les routes et les maisons avaient disparu sous des monceaux de décombres. Il n’y avait plus ni eau ni électricité. Un bateau emporté à l’intérieur des terres par la vague géante avait explosé et provoqué un incendie qui avait détruit 45 maisons et une partie d’une mosquée.

Heureusement, tous les membres de la famille de Lia avaient survécu mais leur maison était sérieusement endommagée. Il leur a fallu un mois pour enlever tous les décombres et la rendre habitable.

Dès qu’elle l’a pu, Lia s’est rendue utile sur le terrain. Elle a aidé à déblayer, fait du porte à porte pour aider les gens à nettoyer leur maison, sans jamais être payée. Comme le village manquait de nourriture, elle a contacté des organisations non gouvernementales pour obtenir des vivres.

Aujourd’hui, sa maison est devenue un centre de ravitaillement en pain. Une organisation non gouvernementale turque y dépose, chaque jour, 600 miches destinées à environ 180 familles.

Voyant son engagement, les voisins de Lia l’ont encouragée à se joindre au Kerap. Il s’agit d’un comité local, élu par la communauté, qui s’occupe de la reconstruction et surveille l’utilisation des fonds alloués par le Projet de lutte contre la pauvreté urbaine de la Banque mondiale.

« Les gens me font confiance et je ne peux rien leur refuser. Je n’ai pas dépassé l’école secondaire. Je n’ai rien d’un chef, je suis juste quelqu’un qui veut aider. Je ne travaille pas pour l’instant et j’ai donc du temps libre pour aider », dit-elle.

Ce qu’elle fait aujourd’hui, en tant que membre du Kerap, peut sembler bizarre : elle apprend la cartographie élémentaire aux gens de son village ! Elle leur montre comment faire figurer leurs terrains sur une carte. C’est essentiel parce qu’à Aceh, les titres de propriété ont disparu et on ne connaît plus les limites de ce qui appartient à chacun.


L’histoire d’Akkamma : des choix difficiles à faire au Tamil Nadu

L’État indien du Tamil Nadu a été la zone la plus touchée par le tsunami. Le long des eaux calmes de la baie du Bengale, Akkamma soupire en regardant la rangée d’abris en tôle ondulée qui abrite sa petite communauté de pêcheurs. Il est le chef du panchayat (conseil) de son village.

Après le tsunami, c’est à lui qu’est revenue la terrible tâche de compter les morts et d’aider à distribuer les vivres et le pétrole lampant aux survivants. Maintenant, il faut reconstruire et retrouver un semblant de normalité.

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Une petite communauté de pécheurs à Tamil Nadu se prépare à la reconstruction après le tsunami.

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Avant la catastrophe, le village d’Akkamma était un petit bourg trépidant d’activité, formé de chaumières aux toits de palme. Tout le monde savait que si les marées étaient trop fortes il risquait d’être inondé. Comme la plupart des villages de pêcheurs, il avait été construit avant la réglementation sur la protection des zones côtières de 1991 qui interdit la construction de maisons à proximité de la mer.

Malgré cette interdiction, les pêcheurs avaient décidé de rester où ils étaient, tout près de l’océan, pour pouvoir facilement mettre leurs bateaux à l’eau et ramener leur prise à terre. Personne n’imaginait ce qui allait se produire en ce jour fatidique de décembre ni combien cette proximité avec l’océan allait avoir des conséquences catastrophiques.

Aujourd’hui, les maisons détruites vont être reconstruites au-delà de la distance réglementaire. Mais avant de pouvoir commencer à construire, il y a une question à régler : où installer les maisons des pêcheurs pour qu’ils puissent travailler facilement tout en restant en sécurité ?

Le problème est d’autant plus difficile que les pêcheurs n’ont pas de titres de propriété pour les terres qu’ils occupaient, c’est la communauté qui, traditionnellement, avait décidé de les leur accorder. Et il faut aussi tenir compte du fait que les maisons les plus proches du rivage coûtent plus cher à construire que celles qui en sont plus éloignées.

Pour que la reconstruction ne soit pas source de frustrations et de conflits, il faut que, ensemble, l’administration et la communauté locale trouvent une solution équitable au problème. Ici encore, Akkama et les membres du panchayat devront prendre les bonnes décisions !

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