Tsunami : les veuves d’Aceh commencent à reconstruire
Une bouteille de citronnade, c’est tout ce qui restait de l’étal de nourriture installé devant la maison d’Aisyah Sabi, à proximité d’une plage de la province indonésienne d’Aceh.
Le mur d’eau dévastateur du tsunami de décembre 2004 a réduit à rien les efforts de Sabi pour créer sa petite entreprise et se sortir de la pauvreté.
Son échoppe et sa maison ont été entièrement détruits.
“Je ne sais pas ce que je vais faire. Rentrer chez moi ? Je n’ai plus de maison. Travailler ? Je n’ai plus rien. Tout ce qui me reste, c’est l’incertitude .”
Deux ans plus tôt, Sabi avait rejoint le PEKKA, le Programme de soutien aux familles dirigées par une femme. Son mari avait été tué dans le conflit armé d’Aceh. Alors, elle s’est tournée vers le groupe pour y trouver de l’aide. Elle se battait seule pour élever ses deux jeunes enfants, dans une communauté où les veuves n’ont que de rares opportunités, peu de soutien et pratiquement pas droit à la parole.
Quelques semaines avant le tsunami, Sabi avait reçu une petite subvention du PEKKA pour acheter des marchandises pour son échoppe.
Le programme PEKKA fait partie du projet de développement Kecamatan, sponsorisé par la Banque mondiale en Indonésie. Il a pour but de répondre aux besoins des veuves et des femmes vivant dans les zones de conflit en leur fournissant une formation et de petites subventions. Tu peux trouver l’histoire de Sabi dans une Vidéo produite par le PEKKA qui relate les conséquences dramatiques du tsunami sur les habitants d’Aceh. Elle montre l’effet dévastateur du tsunami, les tentes dans lesquelles vivent les survivants et les efforts entrepris pour nettoyer et repartir à zéro.
Les veuves vivant dans les régions touchées par les conflits sont parmi les plus pauvres des 28 millions de défavorisés d’Indonésie. Dans de nombreux villages de la région d’Aceh, 40 % des foyers vivant avec moins d’1 dollars EU par jour sont dirigés par des femmes.
Maintenant avec la bouteille de citronnade qui lui reste, Sabi essaye de rassembler les morceaux de la vie qu’elle menait autrefois.
Pour elle, la solution c’est retenter sa chance et ouvrir un autre magasin, dans la maison de sa petite sœur cette fois. Chaque jour, après la prière, elle traîne dans les décombres laissés par le tsunami à la recherche de bois utilisable.
Le tsunami a tué environ 14 veuves membres du PEKKA.
Le traumatisme est profond pour la plupart des victimes », explique Nani Zuliminarni, coordinatrice nationale de PEKKA, « mais le futur est particulièrement inquiétant pour les veuves survivantes ».
PEKKA aide les veuves à surmonter l’isolement en leur proposant des emplois, des formations et de petites subventions. Une de ses initiatives a consisté à leur confier des caméras pour qu’elles deviennent photographes.
Jusqu’au lancement du programme PEKKA en 1999, aucun projet de développement indonésien n’était destiné aux veuves — des veuves laissées seules dans des zones de conflit civil important.
“Certains villages ont été entièrement détruits et tous les habitants ont dû être déplacés ", raconte-t-elle. " Ils ont perdu leurs systèmes communautaires et les femmes chefs de famille, et bien, elles se retrouvent toutes seules .”
« Elles ne peuvent pas partager ni leur chagrin, ni leur solitude, ni leur traumatisme, ce qui leur rend les choses encore plus difficiles psychologiquement », ajoute-t-elle.
WDans le cadre de l’effort de reprise et de reconstruction en cours, le PEKKA cherche à aider les veuves et les autres membres de la communauté des zones touchées.
“Nos efforts consistent à prêter de l’argent, acheter de la nourriture et aider les habitants à relancer leurs activités économiques .
“Nous envisageons également de les aider à reconstruire leurs maisons, de faire bénéficier leurs enfants de bourses d’études et de contribuer au processus de reconstruction des installations publiques des zones touchées .”
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D’autres membres du PEKKA dans des zones du pays qui n’ont pas été directement touchées, se sont également ralliés à la cause. Certaines femmes, par exemple, ont invité des veuves d’Aceh à habiter chez elles dans leurs humbles maisons, leur donnent de la nourriture et les aident à la cuisine .
“Les groupes de veuves d’autres provinces les soutiennent également en collectant de l’argent pour aider, centime après centime, leurs amies d’Aceh », termine Nani Zuliminarni, « car nos fonds sont très limités .”
(a) indique une page en anglais.
