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Les ressources naturelles

Une fois découvertes, les ressources épuisables telles que les minéraux ou l’énergie ne peuvent que disparaître progressivement. L’utilisation de ces ressources génère des bénéfices : il est donc prudent d’investir ces bénéfices dans d’autres formes de capitaux. Depuis la découverte de ses mines de diamant en 1967, le Botswana a connu une croissance forte et soutenue. Le pays a en effet utilisé ses ressources pour financer l’éducation, la santé et les infrastructures. Il compte aujourd’hui parmi les pays africains ayant un niveau de vie élevé.

Les ressources vivantes comme les forêts ou les produits de la mer sont, elles, potentiellement renouvelables. Lorsque ces ressources sont bien gérées, elles génèrent des bénéfices importants pour le développement d’un pays. La pêche mauritanienne, par exemple, a connu une forte croissance au début des années 1980. Elle devait être une source de création d’emplois, de devises étrangères et de revenus. Mais dix années plus tard, la surexploitation des ressources de la mer, un problème parmi d'autres, a provoqué une crise mettant en danger la croissance du pays. Dans les années 1990, le gouvernement a introduit des mesures de préservation et des réformes dans l’industrie de la pêche. Dès 2002, la production s’est accrue de nouveau et a contribué à améliorer l’économie mauritanienne.

Quelle est la valeur de notre environnement ?

Peut-on donner une valeur monétaire aux ressources naturelles d'un pays ? Ce chiffre aurait-il un impact sur le développement et le progrès ?

L’environnement a bel et bien une valeur : selon une publication de la Banque mondiale datant de septembre 2005, il doit en fait être considéré comme une partie intégrante des ressources d’un pays. Dans le livre, « Where is the Wealth of Nations » (Où se trouve la richesse des nations ?), la Banque Mondiale va au-delà des indicateurs économiques habituels tels que le produit intérieur brut (PIB) et introduit une nouvelle manière d’évaluer les richesses d’un pays, en prenant en compte la dégradation de l’environnement et la diminution des ressources naturelles.

Pour évaluer la richesse d'un pays, il faudrait donc donner une valeur aux ressources environnementales et à d’autres éléments qui forment ce qu’on appelle le « capital immatériel », comme le savoir-faire humain, les capacités ou les connaissances. Si on prend en compte ces nouveaux indicateurs, on obtient une description beaucoup plus détaillée de la richesse ou de la pauvreté des nations. Cela permet donc de savoir si un pays est sur le chemin d’un développement durable. En d’autres termes, lorsque les ressources naturelles d’un pays s’amenuisent, toutes ses richesses diminuent.

Pour illustrer ce mécanisme, l’auteur du livre, Kirk Hamilton, économiste sénior en environnement à la Banque mondiale, compare la situation à l’entretien d’une maison : « si un ménage voit son compte bancaire diminuer chaque mois ou s’il est obligé de vendre des biens comme ses véhicules ou son bétail pour s’acheter de la nourriture, il n’est pas en bonne situation économique. De façon générale, il en va de même pour les pays. Si leur taux d’épargne est négatif, c’est un signal qui dit que la richesse nationale diminue et que le chemin du développement emprunté n’est pas viable ».

Le livre montre aussi que les pays les plus pauvres, les pays africains en particulier, surexploitent leurs ressources naturelles et sont en train de les épuiser très rapidement. Les décideurs des pays en développement doivent chaque jour faire des choix très difficiles : ils doivent constamment évaluer l’impact de leurs programmes et politiques de développement sur l’environnement et décider de l’exploitation ou non des ressources naturelles. Une bonne gestion des écosystèmes est donc indispensable pour permettre à un pays de se développer de manière responsable et à produire ainsi plus de richesses.

La gestion de l’environnement et des ressources naturelles nous touche tous. C’est d’ailleurs l’un des Objectifs de développement pour le millénaire (huit objectifs internationaux pour l’amélioration de la santé, de l’éducation et des niveaux de vie d’ici 2015).

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(a) indique une page en anglais.