Visite les sites suivants:
- Imagining Ourselves: International Museum of Women
- Journeé internationale de la femme
- Coalition internationale pour la santé des femmes
- Journée internationale de la femme: Activités | Exemples de problématiques liées à la condition féminine
- UN Cyberschoolbus: Journée internationale de la femme (a)
- WomenWatch
- Association mondiale des Guides et des Éclaireuses: Journée internationale de la femme | Ce que vous pouvez faire | Take Action (a)
Partout dans le monde, les femmes sont encore victimes de violence conjugale
La violence à l’égard des femmes et surtout la violence conjugale (violence physique et sexuelle infligée par le partenaire masculin), est encore omniprésente dans le monde.
Au moins une femme sur trois sera battue, forcée d’avoir des rapports sexuels ou maltraitée d’une façon ou d’une autre par un partenaire intime au cours de sa vie, selon un document publié par les Nations Unies.
La violence à l’égard des femmes est souvent utilisée pour faire régner la discrimination basée sur le genre : les hommes se servent souvent de la violence pour punir ce qu’ils perçoivent comme étant des transgressions des rôles de sexe, pour faire preuve d’autorité et pour sauver leur honneur. La violence à l’égard des femmes est souvent considérée comme normale et justifiée par la société dans son ensemble plutôt que comme un acte criminel.
La violence envers les femmes est aussi souvent tolérée par
les lois, institutions et normes communautaires qui favorisent la discrimination
envers les femmes et les filles.
Une étude qui fait date s’intéresse aux victimes dans les villes et les villages
L’Organisation mondiale de la Santé a récemment interviewé 24 000 femmes dans les villes et villages de 10 pays (développés et en développement) du monde. Les pays participants étaient le Bangladesh, le Brésil, l’Éthiopie, le Japon, la Namibie, le Pérou, le Samoa, la Serbie, la Thaïlande et la Tanzanie.
Intitulée Multi-country Study on Women’s Health and Domestic Violence against Women (Étude multipays de l'OMS sur la santé des femmes et la violence domestique à l'égard des femmes), cette étude marquante a révélé qu’entre 15 % et 71 % des femmes engagées dans une relation à long terme ont été victimes de violence physique et/ou sexuelle infligée par un partenaire intime à un moment donné de leur vie.
Les femmes du Japon sont les moins nombreuses à avoir été victimes d’une telle violence, soit 15 %. Cependant, même ce pourcentage est élevé. Les femmes vivant en milieu rural au Bangladesh, en Éthiopie, au Pérou et en Tanzanie sont celles qui subissent le plus de violence.
Lorsque les sondeurs ont demandé aux femmes si elles avaient été victimes de violence conjugale au cours de la dernière année, la proportion de réponses positives variait de 4 % au Japon et en Serbie Monténégro à 54 % en Éthiopie.
Peu de femmes demandent de l’aide
Cette violence demeure souvent cachée. Très peu de femmes ont affirmé avoir demandé de l’aide auprès de services officiels tels que les autorités sanitaires ou la police, ou auprès de personnes en position de pouvoir et ce, en dépit des conséquences sur leur santé. Elles se tournent plutôt vers leurs amis, leurs voisins et des membres de leur famille.
Au moins 20 % des femmes qui ont affirmé avoir été victimes de violence physique dans le cadre de cette étude n’en avait jamais parlé à personne avant cette interview, rapporte l’étude.
Ce silence pose problème pour les décideurs ; comment agir pour prévenir la violence conjugale s’ils ne savent même pas à quel point celle-ci est omniprésente ?
De bouche à oreille : Un programme brise le cercle de la violence familiale en Argentine
L’ensemble de la société en paie le prix
Les liens familiaux ainsi que la dépendance économique et émotionnelle rendent la prévention et la protection difficile, comme le signale un rapport de la Banque mondiale sur la prévention et la lutte contre la violence basée sur le genre dans les pays à revenu intermédiaire.
La violence à l’égard des femmes a un prix pour la société dans son ensemble. La violence basée sur le genre a un coût élevé pour les économies des pays en développement qui subissent notamment une plus faible productivité et de moindres salaires, de plus faibles taux d’accumulation de capital humain et social, et l’incitation à d’autres formes de violence maintenant et à l’avenir.
La violence conjugale a également des répercussions sur les enfants de mères maltraitées. À titre d’exemple, des chercheurs du Nicaragua ont révélé que les enfants de femmes physiquement et sexuellement maltraitées par leur partenaire étaient six fois plus susceptibles que les autres enfants de mourir avant l’âge de 5 ans, un décès d’enfant sur trois dans ce cas étant attribué à la violence du partenaire.
Application de la loi
Dans bon nombre de pays en développement, les lois ne punissent pas la violence physique ou sexuelle à l’égard des femmes. Ou alors, il est difficile d’y faire appliquer la loi et de faire condamner les auteurs de ces violences.
Au cours des 30 dernières années, de nombreux gouvernements ont amendé leur droit civil et criminel pour qu’il soit plus facile de poursuivre les contrevenants. Ils ont par exemple rendus illégaux la violence conjugale et le viol d’une conjointe, et adopté des dispositions qui permettent aux auteurs de viol d’échapper à des sanctions pénales en acceptant de se marier avec leur victime.
Cependant, modifier le texte des lois n’est qu’une étape vers le changement de comportement et le respect de la loi. Ces institutions d’application de la loi manquent souvent de financement ou sont inaccessibles, incompétentes ou même corrompues. Tout cela fait en sorte qu’il leur est impossible de faire respecter le droit pénal de manière plus générale.
Secteur de la santé
Les organisations sanitaires du monde entier essaient néanmoins d’améliorer les soins offerts aux femmes victimes de violence. De plus, des programmes publics de soins de santé, qui sont depuis longtemps reconnus pour leur capacité à faire changer les attitudes, pratiques et comportements sexuels, ont commencé à employer leurs stratégies pour lutter contre la violence envers les femmes.
Cependant, les professionnels de la santé ne savent souvent pas reconnaître les signes de la violence conjugale, du viol ou du harcèlement sexuel et ne savent pas non plus comment réagir quand des femmes et des filles leur confient être victimes de violence. Ils considèrent souvent que la violence à l’égard des femmes est une question sociale plutôt qu’un problème de santé.
Éducation
Une meilleure éducation peut réduire la vulnérabilité des femmes à la violence. Les écoles pourraient jouer un rôle proactif dans la prévention de la violence contre les femmes en faisant davantage la promotion du respect des droits des femmes. Or, cela n’est pas le cas actuellement. En effet, dans bon nombre de régions du monde, le harcèlement sexuel infligé par des éducateurs et par d’autres élèves semble être un phénomène répandu.
Les écoles et les universités ne peuvent pas être des facteurs positifs de changement tant que l’environnement scolaire tolère ou encourage la discrimination et la violence envers les filles.
De plus, le manque de sécurité à l’école contribuerait aux faibles taux d’inscription des filles dans certaines régions. À titre d’exemple, l’une des principales raisons pour lesquelles les parents n’envoient pas leurs filles à l’école en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne est qu’ils craignent pour leur sécurité physique et sexuelle.
Toutefois, des données sur le harcèlement sexuel et la transmission
du VIH/SIDA dans les écoles ont incité bon nombre de gouvernements,
d’écoles et d’universités à réagir
face au problème de violence basée sur le genre au moyen de
politiques, de campagnes de sensibilisation et de modifications des cursus
scolaires.
