Comment les jeunes filles peuvent-elles briser l’engrenage de la pauvreté ?

“Je vais vous raconter ma journée. Je me réveille à 5 heures du matin. Je collecte l’eau du puits et je la porte jusqu’à la maison. Je prépare mes sœurs, les accompagne à l’école, sur plusieurs kilomètres, et je me rends ensuite à pied à mon école. Mes cours se terminent à une heure. Je vais alors chercher mes sœurs et les ramène à la maison. Ensuite, je vais au marché acheter de la nourriture puis je fais la cuisine. Après cela, j’aide ma mère à vendre des légumes et je vais chercher de l’eau au puits. J’aide me sœurs à faire leurs devoirs et je fais les miens. Voilà ma journée. »

     —Joyce Kollie

28 Octobre 2008— Tel est le témoignage de Joyce Kollie du Libéria, âgée de 15 ans. Elle vit dans une pièce unique à Monrovia, la capitale, avec ses parents et ses cinq sœurs. Il est difficile, pour elle, de poursuivre ses études tout en s’occupant de ses sœurs et du foyer. Pourtant, elle ne baisse pas les bras : elle espère avoir un jour un bon travail pour subvenir à ses propres besoins et aider sa famille. Joyce a raconté son histoire aux centaines de personnes rassemblées à la Banque mondiale le 10 octobre dernier, à l’occasion du lancement de l’Initiative de promotion des adolescentes (AGI).

L’Initiative de promotion des adolescentes est un nouveau projet de la Banque mondiale et de ses partenaires, notamment la Fondation Nike, qui vise à fournir aux jeunes femmes l’opportunité d’étudier et de gagner un revenu pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur communauté. Cette initiative, dont le coût s’élève à 20 millions de dollars, repère des opportunités de travail et propose des formations permettant d’acquérir les compétences correspondant à ces emplois. L’initiative encourage aussi les jeunes femmes à créer leurs entreprises. Le premier projet débutera au Libéria en janvier 2009, et d’autres devraient suivre en Afghanistan, au Népal, au Rwanda et au Sud-Soudan.

Phennapha Phommachanh, une jeune femme de 17 ans du Laos, a également participé au lancement. Phennapha travaille comme conseillère au sein du programme de prévention du SIDA chez les jeunes au Laos. Son rôle consiste à sensibiliser les femmes les plus défavorisées de son pays aux moyens de prévention qui existe pour se protéger du SIDA/VIH. Son rêve est d’atteindre un niveau d’études élevé dans le domaine social pour être capable d’aider les femmes pauvres à améliorer leur vie. Ses parents ont donné à son frère presque toutes les ressources du foyer pour qu’il aille à l’école et il n’en reste plus assez pour elle. Toutefois, elle est pleine de ressources et est sûre qu’elle finira par obtenir une maîtrise.

Le courage et les efforts des 600 millions de jeunes femmes comme Joyce et Phennapha vivant dans le monde en développement, ainsi que leur désir d’aider leur famille et leur communauté, peuvent représenter une force considérable pour le développement. De plus, comme beaucoup de ces jeunes femmes deviendront mères, cela peut constituer un moyen puissant d’empêcher les générations futures de vivre dans la pauvreté : si une mère est pauvre, la probabilité est forte qu’elle transmette sa pauvreté à ses enfants. Si elle a un bon niveau d’éducation et dispose d’un revenu, alors il y a plus de chances qu’elle envoie ses enfants à l’école et qu’elle les amène chez le médecin pour s’assurer de leur bonne santé.

Des études montrent aussi que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de s’investir dans leur famille et leur communauté. Au Brésil, par exemple, les chances de survie d’un enfant augmentent de 20% quand le revenu du ménage est entre les mains de la mère. Et lorsque c’est le cas au Kenya, on constate alors une augmentation de 17% de la taille des enfants.

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(a) indique une page en anglais.