Il n’y a pas que le marriage dans la vie!

Le docteur Geeta Rao Gupta a grandi en Inde. Ses rêves d’adolescente étaient sans ambition. Élève très moyenne à l’école secondaire, elle n’avait jamais pensé réussir ou réaliser quelque chose d’important dans sa vie.

En huitième, son apathie est telle qu’elle demande simplement à sa mère de lui trouver un époux et de la marier. « J’étais certaine de ne pas être capable de faire autre chose », se rappelle-t-elle. La réponse de sa mère est immédiate et très simple. Elle se contente de lui demander quel genre de mari elle veut. « Quelqu’un comme papa », répond Gupta. « Mais quelqu’un comme ton père voudrait sûrement avoir une femme éduquée ou du moins ayant fini l’école secondaire. », lui réplique sa mère.

Cette conversation a été le grand tournant de la vie de Gupta.

« Ma mère a été très intelligente. Elle a cherché à me motiver, à court terme, de façon à ce que je finisse l’école secondaire. Durant cette période de ma vie, j’ai trouvé ma voie… », raconte Gupta.

Elle a donc découvert ce qui l’intéressait et ce qu’elle avait envie d’apprendre. « D’un seul coup, les perspectives de ma vie ont changé parce que j’avais fini l’école secondaire. »

Gupta, l’élève moyenne que l’école n’intéressait pas, s’est découvert une passion pour les études. Entrée à l’université, elle a d’abord obtenu un diplôme de premier cycle universitaire, puis une maîtrise et enfin un doctorat. Depuis, elle n’a plus jamais arrêté.

Aujourd’hui, elle est président du International Center for Research on Women (ICRW). Ce centre international de recherches sur la femme basé à Washington, DC aux Etats-Unis, se fait aujourd’hui le porte drapeau du développement au féminin.

A présent, Gupta réalise la chance qu’elle a eu de recevoir une éducation. « Je venais d’Inde, où le système d’éducation pour l’élite est de très bonne qualité. »

^ Haut de la page

Son job : aider les filles et les femmes dans le besoin

« Aujourd’hui, dans le cadre de mon travail, je visite beaucoup d’écoles accessibles aux familles pauvres. Leur qualité est vraiment mauvaise et elles travaillent dans des conditions abominables… Je sais que je suis parvenue à réussir sur le marché du travail à l’étranger mais ces enfants n’y parviendront sans doute jamais parce que le niveau de l’enseignement est trop faible. »

Get Involved

Dis-nous ce que tu penses Donnes ton opinion. Qu’est-ce qui est important à tes yeux, qu’est-ce qui l’est moins…

Qu’en disent les autres ? More

« Il faut voir les filles d’Inde. Leurs yeux brillent, la flamme y scintille toujours… Mais elles sont limitées à cause de la mauvaise qualité de l’enseignement qu’elles reçoivent. C’est une tragédie ! »

Selon Gupta, de nombreuses preuves démontrent l’importance de l’éducation des filles.

« Nous sommes en 2005 et l’éducation des filles est un des premiers objectifs de développement pour le millénaire (ces cibles internationales qu’il faut atteindre à l’horizon 2015). Nous sommes terriblement en retard ! », explique-t-elle.

« C’est un défi très difficile ! Mais nous savons tout à fait ce qu’il faut faire et ce que cela représente. Nous savons que certaines stratégies fonctionnent au niveau national. Mais l’argent n’est pas là et les ressources ne sont pas suffisantes pour nous permettre d’atteindre la cible. C’est dramatique ! »

Si certains droits sont attribués d’office aux garçons dès la naissance, les filles, elles doivent se battre pour bénéficier des mêmes opportunités, responsabilités ou choix de vie…

Les femmes et la santé

Si la question du droit des femmes à gérer leur vie sexuelle et à choisir d’avoir des enfants est primordiale, celle de leur santé est tout aussi importante.

« Vous vous rendez compte qu’au XXIe siècle, un demi million de femmes meurent encore des suites d’un accouchement ou au cours d’une grossesse ! C’est inadmissible !. Nous avons la technologie, nous savons ce qu’il faut faire. Dans le monde en développement, les systèmes de santé n’ont pas été renforcés au cours des années. Je suis outrée de voir qu’ils sont incapables de satisfaire le besoin élémentaire des femmes de pouvoir sans danger avoir des enfants. »

Dans ce contexte, aussi bien les femmes que les hommes devraient avoir accès aux services du planning familial pour y recevoir une information complète sur la sexualité et la santé de la reproduction.

^ Haut de la page

Le droit à la propriété pour la femme

Avoir le droit d’hériter et disposer du droit de propriété est également primordial pour l’émancipation des femmes.

« Dans plusieurs parties du monde, les femmes ne sont pas en mesure d’hériter ou d’avoir une propriété en leur nom propre. Leurs frères ou de leurs maris ont toujours droit à d’avantage qu’elles. Sans gagner leur vie, il leur est impossible de sortir de la pauvreté. Souvent, lorsqu’un pays doit faire face à un problème majeur comme l’épidémie du SIDA par exemple, il est important que ses activités économiques continuent à fonctionner. En Afrique subsaharienne par exemple, les femmes n’ont pas le droit de posséder leurs propres terres ou leur maison. Si leur mari décède des suites de la maladie, les conséquences sont catastrophiques : privées de revenus, elles n’ont pas d’autre alternative que de faire commerce de leur corps pour continuer à nourrir leurs enfants. Elles entretiennent ainsi le cycle de contamination de la maladie… »

Stop à la violence contre les femmes…

Gupta insiste surtout sur l’importance de mettre fin à la violence à l’égard des femmes.

« Quand j’entend parler ces femmes victimes de violence, c’est pour moi absolument révoltant ! Je n’arrive pas d’imaginer que de telles pratiques continuent d’exister… Aux yeux de beaucoup, la violence à l’égard des femmes est toujours acceptable ! »

« Les mentalités doivent changer : il n’existe aucune excuse valable pour battre sa femme même si ce n’est que de temps en temps. C’est tout simplement inadmissible et cela doit cesser ! »

Les femmes au pouvoir

Selon Gupta, la femme doit d’avantage participer au processus de décision à tous les niveaux de pouvoir.

« Si elles ne le font pas », dit-elle, « les changements que nous espérons n’arriveront tout simplement pas… »

^ Haut de la page

(a) indique une page en anglais.