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Comment respecter l’identité sexuelle, en particulier par rapport à la société et à la culture ? Quelle est la condition associée au fait d’être de sexe féminin ou masculin ? Deux questions fondamentales qu’aborde la problématique du genre.
Celle-ci est confrontée à des comportements et à des rôles sociaux développés ou appris, mais aussi à des attentes. Lorsqu’on parle du problème, on pense habituellement aux inégalités entre les sexes, au peu de chances accordées aux femmes et aux filles simplement à cause de leur genre. Mais on oublie généralement que les garçons et aux hommes sont, eux aussi, cantonnés dans des rôles qui leur sont imposés. Accorder aux femmes et aux filles les mêmes droits et la même considération qu’aux hommes, ne signifie pas qu’il faille les retirer à ceux-ci.
Bien que, à travers le monde, les femmes aient réussi à prouver qu’elles étaient aussi intelligentes et capables que les hommes, dans de nombreux pays, elles ne sont toujours pas traitées comme leurs égales. Les filles et les femmes n’y ont pas les mêmes droits, opportunités, responsabilités et choix dans la vie que les garçons et les hommes qui continuent à se considérer comme leurs aînés.
Les femmes représentent la moitié de la population mondiale. La discrimination imposée aux filles et aux femmes est une injure faite à chaque individu de la société et a un impact négatif sur le développement économique. Les sociétés dans lesquelles les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes, sont plus riches. Elles prospèrent davantage, se développent plus rapidement et ont de meilleurs systèmes de gouvernance.
Inversement, les inégalités entre hommes et femmes ont tendance être plus importantes au sein des couches pauvres, selon le Engendering Développement, une publication de la Banque mondiale qui traite de l’importance de la problématique du genre dans le développement.
Dans certains villages indiens, les hommes peuvent dépenser une grosse partie de leurs revenus pour leurs besoins personnels (cigarette, boisson, jeux) alors que les femmes en consacrent la totalité aux besoins de la famille (nourriture, soins médicaux, frais de scolarité et habillement des enfants), c’est ce que révèle une étude indienne citée dans Voices of the Poor (a), une collection d’interviews réalisés avec plus de 60.000 personnes pauvres (femmes et hommes) à travers le monde.
Selon une étude de la Banque mondiale, si les pays d’Asie du Sud, d’Afrique et du Moyen-Orient avaient scolarisé les filles et les garçons, comme l’ont fait les pays d’Asie orientale entre 1960 et 1992, leurs revenus par habitant aurait probablement enregistré, chaque année, une hausse de 0,5 à 0,9 %.
Dans les sociétés qui se préoccupent, à la fois, du bien-être des hommes et de celui des femmes et des enfants, il est plus facile pour les pauvres de sortir de la pauvreté et d’améliorer leurs conditions de vie.
En Afrique où la majorité de la population vit de l’agriculture, les femmes assument au moins 70 % des travaux des champs. Malgré cela, elles n’ont pas leur mot à dire dans la manière dont l’argent est dépensé. “Et lorsqu’on ne permet pas aux femmes de prendre des décisions par rapport à l’utilisation des ressources financières pour aider leurs familles, il devient plus difficile d’aider les pauvres à sortir de la pauvreté”, explique Mr Mark Blackden, Spécialiste principal de la problématique du genre à la Banque mondiale. La situation est encore plus critique dans les ménages dirigés par des femmes. Le manque d’accès aux services juridiques, économiques et sociaux renforce leur vulnérabilité.
Cycle de vie des inégalités
Il y a dans le monde des femmes qui, toute leur vie, se verront refuser le droit à :
La libertéDans certains pays, tels que le Ghana, les femmes sont la propriété légale de leur époux. Dans d’autres pays, les femmes ne peuvent quitter la maison ou trouver un emploi sans l’accord de leur conjoint.
L’éducationMoins de filles que de garçons sont scolarisées ou terminent leur cycle primaire ou secondaire, même si les recherches ont démontré qu’investir dans l’éducation des filles contribuait à améliorer, de manière significative, les perspectives économiques d’un pays.
Un salaire égal à travail égalDans de nombreux pays en développement, la législation et la réglementation du travail n’encouragent pas les femmes à travailler. Lorsqu’elles obtiennent un emploi, les femmes peuvent s’attendre à un salaire inférieur (jusqu’à 27 % de moins) à celui des hommes pour un même travail, sans aucune considération pour leur expérience et leur niveau d’instruction.
Les droits juridiquesLeur statut légal limité affecte nombre d’aspects de la vie des femmes. Cela va de leur incapacité à emprunter de l’argent parce qu’il leur est légalement interdit de posséder des terres, jusqu’à leur incapacité à prendre des décisions sur l’éduction de leurs enfants, en passant par leur incapacité à décider du moment et de la manière dont elles acceptent d’être touchées. Lorsque les femmes dépendent juridiquement, et donc économiquement, de leur époux ou de leurs parents de sexe masculin, elles n’ont pas d’autre choix que de se contenter de ce qu’elles reçoivent de la vie. En Ukraine, en Lettonie et en Macédoine, par exemple, il y a bien des lois contre le viol mais aucune femme ne prend la peine de porter plainte car il n’y aura, de toute façon, aucune sanction de la part des autorités.
La représentation politiqueLes femmes sont peu représentées dans les instances gouvernementales des pays en développement, malgré leur capacité à représenter leurs communautés. Sans cette représentativité politique, très peu d’actions sont initiées contre les lois qui limitent les opportunités des filles et des femmes.
Les femmes d’Europe orientale et d’Asie centrale bénéficient des droits les meilleurs parmi les pays en développement. Les femmes d’Asie du Sud, d’Afrique subsaharienne, du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord sont les plus défavorisées en matière de droits.
La représentation politiqueLes femmes sont peu représentées dans les instances gouvernementales des pays en développement, malgré leur capacité à représenter leurs communautés. Sans cette représentativité politique, très peu d’actions sont initiées contre les lois qui limitent les opportunités des filles et des femmes.
Difficile d’abattre les barrières
Il est souvent difficile de lutter contre la discrimination sexuelle parce qu’on se heurte alors à des traditions locales fortement enracinées. Même lorsque les lois sont modifiées, les mentalités ne le sont pas pour autant et les gens continuent de s’accrocher à leurs convictions culturelles.
A titre d’exemple, dans les années 60, l’Inde a interdit la coutume de la dot. Cette pratique exigeait de la future mariée, si elle voulait se faire épouser, d’apporter des biens à son mari. Mais cette tradition est si enracinée dans la société indienne que la plupart des jeunes mariées continuent d’apporter une dot. Les choses sont en train de changer lentement. Tu as peut-être entendu parler dans les informations de jeunes mariées qui se sont rebellées et ont dénoncés cette pratique aux autorités.
Lors de la quatrième Conférence mondiale des femmes à Pékin, en 1995, la communauté internationale s’est mise d’accord sur une plateforme d’action visant à améliorer les conditions de vie des femmes et des filles. Les participants à la conférence ont réalisé qu’aucun progrès et qu’aucun développement n’étaient possibles si la moitié de la population d’un pays subit des inégalités.
La Banque mondiale et d’autres organisations actives en matière de développement sont devenues de grands défenseurs de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les aspects de la vie. La Banque mondiale a décaissé près de 6,3 millions de dollars EU depuis 1995 pour l’éducation des filles. Par ailleurs, plus des deux tiers des prêts consentis aux secteurs de la santé, de la nutrition, et de la population comportaient des objectifs liés à l’égalité des sexes. Un autre projet de reforme juridique a été conçu pour améliorer l’accès des femmes aux droits juridiques, et notamment au droit de propriété de la terre.
La communauté internationale a également commencé à s’occuper des problèmes auxquels sont confrontés les garçons. Par exemple, dans certains pays d’Europe centrale, d’Amérique latine et des Caraïbes, de nombreux garçons abandonnent leurs études, surtout au niveau du cycle secondaire. Ils ne perçoivent pas souvent l’importance de rester à l’école et préfèrent chercher du travail mais se laissent souvent attirer par des emplois illégaux.
Si tu es une fille ou une femme, ne te sous-estime jamais. Crois à la valeur de ta contribution au développement du monde. Poursuis tes études et ne renonce pas à tes rêves quelles que soient les épreuves qui t’attendent.
Si tu es un garçon ou un homme, respecte les femmes comme tu te respecte toi-même. Aies conscience des inégalités mêmes des plus subtiles.
La problématique du genre t’intéresse ? Plusieurs organisations nationales et internationales interviennent dans ce domaine pour offrir aux femmes et aux hommes, les mêmes chances dans la vie. Consulte les sites suivants pour t’informer davantage sur les inégalités liées au sexe :
- Le Fonds des Nations-Unies pour la population (a) intervient dans 140 pays, principalement dans les domaines de la santé de la reproduction, de la sensibilisation au VIH/SIDA, de la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, de la lutte contre les violences faites aux femmes.
- Women’s Edge (a) mène un plaidoyer international en faveur de politiques économiques et des droits humains pouvant aider les femmes du monde à lutter contre la pauvreté dans leurs vie, communauté et nation.
- International Women’s Health Coalition travaille au développement de politiques et de programmes en matière de santé et de population. Elle apporte également un appui à la recherche de financements destinés à la promotion et à la protection des droits et de la santé des filles et des femmes à travers le monde, notamment en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les pays engagés dans une transition postsocialiste.
(a) indique une page en anglais.
