A chaque région, ses défis et ses opportunités

Régions :

 

Amérique latine et Caraïbes


32 pays

Population
541 million

La région Amérique latine et Caraïbes affiche des chiffres plutôt encourageants : son revenu par habitant et son espérance de vie élevés la placent en tête des régions en voie de développement. Mais ces moyennes régionales prometteuses cachent en fait de grandes différences entre les pays et au niveau des conditions sociales, des revenus, de l’ethnicité, des sexes et de la situation géographique. En raison d’une croissance économique irrégulière et de la fréquence des crises, depuis 1990, le pourcentage de personnes vivant avec moins d’un dollar EU par jour a diminué de 11,3 % à 9,5 % et celui des personnes vivant avec moins de deux dollars EU par jour a chuté de 28,4 % à 24,5 % alors que le nombre absolu de pauvres a en réalité augmenté.

Les perspectives de croissance se sont récemment améliorées mais les gouvernements doivent malgré tout renforcer leurs efforts de gestion économique pour arriver à réduire réellement la pauvreté. Le nombre des filles inscrites dans les écoles primaires et secondaires a rattrapé celui des garçons dans la plupart des pays d’Amérique latine et presque tous les habitants terminent leur cursus primaire.

96 % de la population urbaine ont accès à l’eau potable, contre seulement 69 % de la population rurale. Cette différence reflète le large fossé de bien-être existant entre les zones rurales et urbaines. Un même écart existe entre les personnes indigènes, qui représentent environ 10 % de la population de la région, et les autres groupes. En moyenne, les indigènes et beaucoup de Latino-américains de descendance africaine poursuivent moins longtemps leurs études et bénéficient de revenus plus bas que le reste de la population.

Afrique subsaharienne


48 pays

Population
719 million

Dans les années 1990, la faible croissance de l’Afrique subsaharienne y a entraîné une augmentation à la fois du taux de pauvreté et du nombre de pauvres. C’est dans cette région qu’on trouve le pourcentage le plus élevé de personnes vivant avec moins d’un dollar EU par jour. Le nombre de personnes extrêmement pauvres y a considérablement augmenté, passant de 227 millions en 1990 à 313 millions en 2001. Même si la croissance économique a connu une forte hausse au cours des cinq dernières années, elle se situe encore loin du taux de croissance nécessaire pour ramener le taux de pauvreté à celui de l’année 1990. Au milieu de ce panorama décourageant, 22 pays d’Afrique subsaharienne ont enregistré des taux de croissance annuelle de 4 % ou plus au cours des dix dernières années et 12 pays ont connu un taux de croissance annuelle d’au moins 5 %. Les leçons qu’apportent ces expériences peuvent aider les autres pays à développer leurs exportations, à rendre leurs fermes plus productives et à encourager les petites et moyennes entreprises. De plus, les efforts entrepris dans de nombreux pays subsahariens pour mettre en place une Éducation pour tous ont dynamisé les inscriptions à l’école primaire et les gouvernements sont maintenant mis sous pression pour développer l’éducation secondaire.

La santé reste un défi de taille. L’espérance de vie dans la région a diminué, passant de 50 ans en 1990 à 46 ans en 2003. Le succès des campagnes visant à réduire les carences en vitamine A, l’onchocercose (cécité des rivières) et le taux de fertilité a été contrebalancé par le manque de travailleurs de la santé, par la malnutrition chronique, les problèmes de santé génésique, le fléau du VIH/SIDA qui tue plus de 2 millions de personnes par an, et la résurgence du paludisme et de la tuberculose.

Moyen-Orient et Afrique du Nord


14 pays

Population
294 million

La croissance démographique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, est la plus rapide du monde après celle de l’Afrique subsaharienne. Elle a coïncidé avec une augmentation de la pauvreté. Depuis 1990, le pourcentage des personnes vivant avec moins d’un dollar EU par jour est resté stable mais le pourcentage de personnes vivant avec moins de deux dollars EU par jour a, lui, augmenté de 21 à 23 %, en passant de 51 à 70 millions de personnes.

La région a bien développé ses services d’infrastructure publique mais la gestion durable de l’eau reste un défi considérable. Dans ce domaine, il est essentiel que les instruments économiques et la prestation des services soient réformés. On estime en effet que, dans 20 ans, le volume d’eau disponible par habitant de la région devrait atteindre annuellement un peu plus de 500 mètres cubes. La moyenne mondiale actuelle des ressources internes en eau potable par habitant est de 7.000 mètres cubes par an.

L’égalité des sexes n’a cessé de s’améliorer dans le domaine de l’éducation. En 2001, le pourcentage des filles inscrites dans les écoles primaires et secondaires atteignait 94 % de celui des garçons, contre 82 % en 1990. À l’université, 63 % des étudiants sont des femmes.

Eu niveau de l’emploi, la région est confrontée à un défi sans précédent. Sa population active, comptant aujourd’hui 112 millions de personnes, devrait augmenter pour atteindre 146 millions en 2010 et 185 millions en 2020. Des millions de nouveaux emplois seront nécessaires pour absorber ces nouveaux arrivés, plus éduqués, plus jeunes et de sexe féminin.

Europe de l’Est et Asie centrale


27 pays

Population
472 million

Depuis le début de leur transition d’une économie dirigée à une économie mixte, lorsque la pauvreté a augmenté dans de nombreux pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale, on a pu constater un retournement de situation qui a vu tous les pays de la région bénéficier d’une croissance économique. Même si le taux de 5 % de la population vivant avec moins d’un dollar EU par jour est considérablement plus bas dans la plupart des pays de la région que dans le reste du monde, le pourcentage de personnes vivant avec moins de deux dollars EU par jour y est toujours significatif.

Les ODM en matière de santé représentent le défi le plus important. La région est confrontée à une croissance rapide des cas de contamination par le VIH/SIDA et par la tuberculose. Le déni, la honte et la faible capacité institutionnelle à fournir des services aux groupes marginalisés et vulnérables sont des obstacles considérables à la résolution du problème des personnes vivant avec le SIDA et en mourant. Le taux de mortalité infantile de 36 pour mille naissances reste un défi persistant à relever par la région. Des progrès sont difficiles à faire quand beaucoup de gens fuient les hôpitaux à cause de la mauvaise qualité des soins et des prix qui sont demandés. Dans le domaine éducatif, des progrès importants ont été enregistrés au niveau de l’égalité des sexes. La région a, en effet, pu s’appuyer sur une tradition d’égalité d’accès à l’éducation. Malgré des taux d’inscription élevés dans les écoles primaires et secondaires, la baisse de qualité de l’éducation est un vrai problème.

Asie du Sud


8 pays

Population
1.4 billion

40 % des personnes extrêmement pauvres du monde habitent en Asie du Sud où le revenu annuel par habitant n’est que de 590 dollars. Depuis 1990, la croissance économique moyenne de la région s’est établie à plus de 5 % par an. Cela a aidé à diminuer le pourcentage des personnes vivant dans des conditions d’extrême pauvreté. Il est passé de 41 % à 31 %, soit 31 millions d’habitants. Le taux de mortalité infantile a également considérablement chuté en Asie du Sud, passant de 130 pour mille naissances en 1990 à 92 pour mille naissances en 2003. Au cours de la même période, la mortalité infantile du Bangladesh a été réduite de moitié, chutant de 144 à 69 pour mille naissances.

Les inscriptions dans les écoles primaires et secondaires sont en hausse.

Il reste encore à résoudre le problème de la malnutrition infantile, de l’abandon des études primaires et secondaires, de la mortalité maternelle et de l’égalité des sexes dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Presque la moitié des enfants de moins de 5 ans de la région sont en état de dénutrition. L’analphabétisme des jeunes est élevé : 23 % des garçons et 38 % des filles. La tuberculose a refait surface et représente une menace, tout comme le VIH/SIDA. Avec un taux de mortalité maternelle de 567 pour 100.000 naissances d’enfants vivants, le décès des mères à l’accouchement reste un drame encore beaucoup trop fréquent en Asie du Sud.

Asie de l’Est et Pacifique


24 pays

Population
1.9 billion

Dans la région Asie de l’Est et Pacifique, la croissance économique est rapide, en fait la plus rapide de toutes les régions en voie de développement au cours des dernières années. Elle a accéléré les progrès réalisés pour atteindre les objectifs de développement du millénaire. Depuis 1990, plus de 200 millions de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté dans la région. Le pourcentage de celles vivant avec moins d’un dollar EU par jour a diminué de moitié, passant de 30 % à 15 %.

L’éducation a été un facteur déterminant de la croissance de l’Asie de l’Est. Dans 10 pays — la Chine, Fidji, l’Indonésie, la Mongolie, Palaos, les Philippines, Samoa, Tonga, Vanuatu et le Vietnam — tous les enfants peuvent suivre l’intégralité du cursus primaire. Les 14 autres pays devront accentuer leurs efforts pour pousser les enfants à s’inscrire et à rester à l’école.

Dans le domaine de la santé, les progrès ont été plus lents. La mortalité infantile reste encore trop élevée. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, la mortalité des enfants de moins de 5 ans n’a que légèrement baissé, passant de 101 pour mille naissances d’enfants vivants en 1990 à 93 en 2003. Au Cambodge, ce taux a augmenté de 115 pour mille naissances d’enfants vivants en 1990 à 140 en 2003. Des disparités demeurent, même dans les domaines où les objectifs ont été atteints : au Vietnam, presque la moitié des adolescents âgés de 15 à 19 ans du groupe le plus pauvre du pays n’ont pas terminé leur cursus primaire.

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